December 1, 2005

Marchés publics : manque d'imagination du côté de la PQR

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amo@emakina.fr

Il est bien connu que les annonces légales sont un fromage vital pour la santé de la PQR. Or, depuis le lancement de la dématérialisation des marchés publics et la recrudescence des plateformes et autres rubriques sur les sites des mairies, intercommunalités, conseils généraux et autres régions, l’atonie des groupes de presse régionaux devant cette concurrence inattendue venue du réseau laissait perplexe.
Aussi, le lancement de France Marché, portail destiné aux entreprises, présentant en ligne les annonces légales de marchés publiés dans 61 titres de la PQR française (rien moins !) a aiguillonné ma curiosité pour me laisser finalement déçu et circonspect.


En fait, il ne s’agit que d’une mise en lignes des annonces publiées dans les journaux. Pour l’instant, on peut consulter tout cela gratuitement, mais les propos des promoteurs du projet ne laisse pas planer de doute sur l’évolution vers le payant, en tous les cas pour certains services.
C’est le premier point qui me laisse dubitatif. On peut déjà et depuis longtemps consulter le BOAMP en ligne. Certes, toutes les annonces ne sont pas sur ce support et les annonces légales servent aussi aux mises en concurrences, mais il aurait été stupide de proposer un modèle payant face à ce service gratuit.
Mais ce qui m’interpelle le plus c’est si on en revient au fonds de l’affaire. Ce que disaient les responsables publics à l’initiative de plateformes et autres services web – et ils sont nombreux – portait bien sur l’économie de coûts que cela allait engendrer sur leur budget d’annonces légales. Il faut aussi évoquer le fait que les plateformes publiques sont également des instruments de gestion. Certes, les entreprise délaissent pour le moment cette dimension, mais tout de même. Surtout, leur véritable faiblesse, c’est celle de leur audience, la dispersion de toutes les plateformes isolées étant un problème qui va jusqu’à mettre en doute la légalité des offres d’après certaines mauvaises langues.
En rêvant un peu, on pouvait se dire que la PQR réunie aurait pu proposer un service aux dépositaires de plateformes dématérialisées un principe d’abonnement judicieusement dimensionné permettant à leurs offres d’être syndiquées sur le fameux portail, pour y bénéficier d’une audience digne de ce nom, tout en garantissant la continuité sur l’aspect gestion. On pouvait même rêver d’affiliation quelque part. Bref, il y avait matière à faire autre chose qu’un bête portail digne de ceux de la bulle 1.0 qui, pour l’instant, fait surtout brûler du cash à la PQR.
Décidément, la presse et le web, c’est pas encore ça.

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