Manuel Diaz, président d’Emakina.FR, l’un des 50 hommes qui font la France de demain

Aug 31 2012

Pour la rentrée 2012, le mensuel de référence de monsieur : L’Optimum publie son classement des “50 hommes qui font la France de demain” parmi lequel, Manuel Diaz, président d’Emakina.FR figure en excellente position, à la onzième place.

C’est donc entre les pages mode, high-tech, cinéma, musique et sport que le magazine a choisi de récompenser cinquante personnalités créatives et prometteuses. Sélectionnés sur des critères d’excellence autant que sur leur potentiel, les lauréats sont présentés comme la génération incontournable sur laquelle il faudra miser sans aucun doute.

Du côté d’Emakina.FR, c’est avec une immense joie que nous accueillons ce classement prestigieux, placé juste derrière Gabriel Naouri, Directeur Inovation Casino et Gildas Loaëc, créateur et fondateur de Maison Kitsuné. Après avoir été surnommé en décembre dernier “le Séguéla du numérique” par le Figaro, Manuel est désormais plus que jamais l’homme du “Net 2.0″ selon L’Optimum. Une position qui récompense le parcours de ce serial entrepreneur qui, dès l’âge de 18 ans, fondait l’agence Reflect, aujourd’hui devenue Emakina.FR.

 

Une heureuse nouvelle pour toute l’agence et le groupe Emakina, félicitations boss, le n°11 c’est celui des meilleurs buteurs. Plus que jamais, Emakina.FR est l’agence digitale qui vit dans le futur, et comprend les problématiques des annonceurs.

Les noms de domaine avé l’accent, une opportunité pour renforcer votre proximité

May 30 2012

Si l’écriture de Nietzsche fut considérablement modifiée par l’apparition de la machine à écrire, nous pourrions tous affirmer la même chose d’Internet puisque nous adaptons notre rédaction au support que nous employons. Ceci est vrai pour les lignes éditoriales spécifiques au Net, mais surtout pour les noms de domaine dépourvus de signes diacritiques, qui nous semblent aujourd’hui, presque légitimes.

Jusqu’ici le format ASCII que nous utilisions pour former nos noms de domaine ne tenait pas compte des alphabets accentués. Un détail lorsque l’on est anglais ou américains mais une contrainte lorsque l’on est français ou allemands.

Contrainte abolie depuis le 3 mai dernier, avec l’apparition de 30 nouveaux caractères qui s’ajoutent à la composition des noms de domaines français. Une possibilité offerte par les IDNs (noms de domaine internationalisés) qui supportent les caractères latins accentués ainsi que les alphabets non latins (cyrilliques, chinois, arabes…). Les IDNs vont désormais permettre d’étendre à 67 le nombre de caractères autorisés, et ceci, sous les 6 extensions que l’AFNIC gère actuellement (.fr, .re, .tf, .wf, .pm et .yt). Une “sunrise period” a cependant été mise en place jusqu’au 3 juillet 2012, délai “d’enregistrement prioritaire” permettant aux propriétaires de sites de déposer leur variante “IDN”.

Si les noms de domaine s’adaptent enfin à notre alphabet, qu’en est-il en termes d’opportunités pour les marques ? Emakina vous répond.

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La gamification: des jeux et des marques

Oct 26 2011

La gamification, pour ceux qui n’aurait pas encore eu vent de ce concept devenu un « buzzword » l’année dernière, se définit par le fait d’intégrer des mécaniques issus du jeu – et particulièrement des jeux vidéo – dans des domaines qui y sont étranger. Elle apparaît aujourd’hui comme un moyen à la disposition des marques pour engager leur consommateur. L’occasion pour nous de faire un point sur le sujet.

 

Le but de la gamification est de faciliter une action de la part des individus en réduisant les barrières à l’effort : on rend un processus moins pénible, plus ludique. On va également mettre en place des récompenses pouvant être matérielles ou psychologiques (« rewards »).

 

 

On peut citer par exemple l’utilisation de comptes à rebours (dans le but susciter un sentiment d’urgence), l’emploi de barres de progression, de « niveaux » ou de « points d’expériences »  (dans l’optique de fidéliser les consommateurs) ou encore la dotation de badges et la création de classement (pour récompenser, créer de la valorisation sociale ou susciter un esprit de compétition)…

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Tsugi Federation @ Gaité Lyrique

Oct 14 2011

Depuis plusieurs semaines, les murs parisiens sont parés des couleurs du Festival Fédération organisé par le magazine Tsugi dans 4 lieux parisiens. Le magazine des cultures électroniques profite de l’anniversaire de ses 4 ans pour réunir sur 3 jours la crème des labels français et croyez moi ce n’est pas toujours facile de les fédérer!

Hier soir, le coup d’envoi était lancé à la Gaité Lyrique, le récent temple parisien des “Révolutions Numériques”, avec  un premier rendez-vous avec des créations originales de producteurs phares comme Etienne Jaumet, Joakim, Arnaud Rebotini ou encore Cosmo Vitelli. Rien n’a été laissé au hasard, puisque cette programmation pointue était aussi accompagné d’un retransmission sur arte live web  , célèbre pour ses captations à la réalisation léchée.

Soirée pointue où se mélangeait un public rock, electro de trentenaire, de kids mais aussi de quadra sans oublier les incontournables hipster. Une mixité à l’image de la salle de concert de la Gaité Lyrique qui s’habille  selon son public et sa musique : les écrans vidéo à 360° des live electro laisse place à un plan de feu de light impressionnant voire aveuglant pour les concerts plus rock.

Fédération c’est jusqu’au 16 Octobre avec notamment samedi soir les 10 ans du label Citizen Records à la Machine du Moulin Rouge (complet) .

Découvrez la programmation complète sur le blog très fourni de Tsugi 

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Klout gagnerait à ouvrir son algorithme

Aug 22 2011

La polémique enfle dès lors qu’on cherche à mesurer l’ego digital de chacun.Tous les classements qui s’y sont essayés en sont la preuve vivante. Klout.com est un service qui vous propose de vous donner une vue sur votre influence digitale. D’après Klout je serais d’ailleurs un “Specialist” : You create content that is spread throughout your network and drives discussions”. Pourquoi pas…

Le problème c’est que personne ne sait vraiment comment l’algorithme de Klout fonctionne. On trouve bien quelques infos ici mais cela reste assez obscur. Pour un service qui propose de mettre en relation marques et digital activistes, je ne comprends pas pourquoi Klout ne tue pas le problème en rendant public son algorithme. Je suis également persuadé qu’il y aurait une communauté de bienfaiteurs prêts à collaborer à l’amélioration de la performance du service. Tout comme Wikipedia a su devenir la première encyclopédie du monde grâce à une vision partagée avec une communauté, là ou Encarta a échoué malgré l’injection de millions de dollars, Klout pourrait devenir un service plus irréprochable s’il acceptait de descendre de l’estrade pour demander de l’aide aux millions de personnes extrêmement talentueuses qui pourraient gonfler les rangs de leurs équipes techniques.

Aujourd’hui la valeur de Klout réside essentiellement et éventuellement, dans le matching entre des individus et des marques. Une sorte de place de marché ou chacun accepte ou pas de collaborer à des fins commerciales dans son existence digitale. Mais à ce jour je ne vois ni le service ni la proposition de monétisation.

En synthèse :

  1. 1. L’algorithme de Klout est contesté et contestable
  2. 2. Klout ne semble pas ouvert à une approche open source ou en tout cas communautaire. Pour un service tournée vers le social business c’est décevant de voir des dirigeants en rupture avec l’état d’esprit de leur audience.
  3. 3. La monétisation de Klout n’est ni perceptible ni démontrée

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Metrics et sentiments 2010 : Noël, la grippe et le bonheur national brut

Dec 31 2010

Nous voici à la fin de cette année. Et savez-vous ce qui nous (vous ?) a rendu les plus heureux en 2010 ? Si l’on en croit le Gross national happiness index de Facebook autrement dénommé indice de bonheur national brut en français, c’est tout simplement…Noël ! C’est vrai aux USA, mais aussi entre autres, en Allemagne, en Italie et en Belgique. On peut extrapoler sans risques le résultat  à la France. A noter que Noël suscite aussi un pic négatif certes bien modeste au regard du pic positif, mais tout de même ; je vous laisse à vos interprétations…
Comme désormais un grand nombre d’instruments, celui-ci essaie de quantifier et de caractériser l’état émotionnel d’un collectif et s’inscrit dans l’utilisation du net comme système nerveux virtuel. Des filtres sémantiques (on perçoit bien les enjeux que représente la mise au point des « bonnes » combinaisons) permettent d’attribuer des valeurs positives ou négatives, éventuellement pondérées, aux termes employés sur facebook. Il en résulte un graphique sensé traduire l’état d’esprit, l’humeur, l’état émotionnel des utilisateurs, dont on sait qu’ils représentent un échantillon représentatif de la population par le nombre au moins. A titre d’exemple, on peut noter un grand coup de déprime le 25 juin 2009 (rappelez-vous !). Alors qu’est-ce qui pourrait venir troubler notre bonheur en cette fin d’année ?
La grippe bien sûr ! Les médias s’en font l’écho depuis quelques jours avec du retard sur…Flu trends, le site bien connu sur lequel vous pouvez suivre au jour le jour la propagation de la maladie à partir de la popularité de mots-clés soumis aux moteurs de recherche. Tapez grippe dans Google tendances et vous verrez confirmé l’intérêt croissant des internautes ces derniers jours pour  des recherches relatives à la grippe. Et c’est cette propension à rechercher des infos sur la maladie avant même de consulter un médecin, ainsi que le recueil et l’analyse des données en temps réel qui donne à Google de l’avance sur les réseaux médicaux de surveillance ; Et les résultats donnés par Flu Trends bénéficient d’une bonne fiabilité, confirmée par des études menées et publiées dans Nature, la revue scientifique de référence. Là encore, le Net comme système nerveux virtuel collectif…
Alors, meilleurs voeux et beaucoup de bonheur pour 2011 !

Gaga, viande et TIC

Sep 16 2010

Quel rapport entre ces trois mots ? Tout le monde a vu (enfin, c’était fait pour ça) Lady Gaga aux MTV Video Awards vêtue d’une robe de viande crue, tout comme sur la couverture de Vogue Japan. Du déjà beaucoup vu en art et en design, mais pas par le grand public à la télé, ce qui explique le buzz. Je ne suis pas sûre que l’habit ou le discours de LGaga soient soutenus par une position philosophique ou métaphysique très affirmée. Je vais donc me hasarder à quelques hypothèses sur la signification de cet habit:

Madmoizelle.com

Madmoizelle.com

Version1 : Le développement des TIC et des technologies du numérique en général est à l’origine d’une porosité croissante entre intérieur et extérieur. Un retournement qui se décline dans ce que Pierre Lévy appelle l’effet Moebius : rapports privé-public, intime-extime, propre-commun, carte-territoire, réel-virtuel…, et aussi extérieur-intérieur du corps (par l’image médicale numérique notamment).  De façon consciente ou inconsciente, tout cela rend possible l’exposition du corps retourné ou disséqué…

Version2 : Le corps ne suffit plus à contenir toute l’information déversée par les réseaux. Peu capable de mémoire, moins performant que des machines, il est encore une interface indispensable, mais les progrès du numérique, des prothèses extension et des mémoire externes, de l’intelligence artificielle le renvoient à terme à son obsolescence. Il resterait un organe de chair externe à ses prothèses, entrave au pur esprit souhaité par Turing, inventeur de l’ordinateur,  un simple objet de chair symbolisé par LGaga en viande. On retrouve là en partie les thèses de Stelarc.

Version3 : Il n’est que viande vouée à la mort et à la putréfaction, une conception développée depuis l’antiquité puis par le christianisme. « La chair est périssable jusqu’à l’indécence » (Cioran). On aurait conseillé à LGaga de persévérer quelques jours pour vérifier cette évidence… Déjà fait en 1987 par Jana Sterbak dont la robe de viande (Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique) est au centre Pompidou. Le débat n’a d’ailleurs pas beaucoup avancé. Si vous avez 8mn30 écoutez le débat mi-désolant, mi-désopilant sur radio Canada à propos de cette robe exposée à Montréal en 1991.

Version 4 : Terry Richardson (photo de Vogue) est un photographe habitué des people et sait les mettre en scène de façon assez polémique et s’exprime notamment dans des pub «  porno chic ». Là, c’est une communication, un marketing du type plus on me voit, plus j’étonne, plus je choque, plus on buzze, plus la télé et les magazines remplissent les salles et les stades…

Version 5 : celle de LGaga : « résistons avant d’être transformés en viande !». ? Chacun d’entre nous est appelé à développer…

Version 6 : c’est n’importe quoi !

A vous de choisir !

Pourquoi les sodas light font ils grossir ?

Aug 24 2010

La réponse est très clairement expliquée ici. Et admirez au passage la qualité pédagogique et graphique de la vidéo : excellent travail de conception graphique !

Art, paysage et mémoire à Vassivière en Limousin

Aug 17 2010

Serait-ce parce que plus j’accumule de photos numériques, plus je reçois d’informations, plus je ressens, comme le dit Rabinow, l’impossible tâche de saisir la totalité, et plus se posent à moi les questions de l’accumulation et du sens, et donc celle du dialogue présent-passé, de la mémoire, de la transmission et du partage, qu’une escapade à Vassivière m’a redonné de la sérénité ? Un petit billet estival, hors numérique donc, à ce sujet…

Le centre d’art de Vassivière en Limousin est un des cinq ou six lieux d’intérêt national ou international dédiés à l’art contemporain dans une des plus petites régions de France. Sur une île due à un barrage EDF, se déploie un très agréable parcours (par beau temps) autour du thème art, paysage et mémoire. Plus de trente oeuvres d’artistes de renom sont dispersées sur l’île. Quasiment toutes dialoguent avec le site et l’histoire et sollicitent la mémoire à divers titres. Je ne citerai que le mur d’Andy Goldsworthy, bien connu des amateurs de Land Art, mur qui plonge dans le lac, trait d’union entre terre et eau, entre l’île et les hameaux immergés, entre hier et aujourd’hui.
Mais c’est le bâtiment conçu par Xavier Fabre et Aldo Rossi, qui est pour moi la plus grande des sculptures de l’île. Construit avec des matériaux hétérogènes, granite, bois, acier, ciment, verre, brique, il est assez représentatif d’une architecture postmoderne née après l’affaiblissement des valeurs de raison et de progrès à la suite des deux guerres, et chère à Rossi. Chargé de valeurs symboliques, il emprunte à la mémoire collective et dialogue avec le site et le paysage dont la continuité est assurée par des baies vitrées transversales. On peut y reconnaître entre autres du granite, une tour phare, un toit de péniche, une carène de bateau, des arches d’aqueduc, une face forteresse, dialogue du bâtiment avec le site, des gargouilles, des colonnes, mais aussi une tour cheminée d’usine et une structure de hangar agricole, dialogue entre profane et sacré, tout cela pouvant s’inscrire dans la mémoire d’un limousin postmoderne.
Vassivière n’est pas simplement un musée placé sur une île. On peut voir l’ensemble comme une oeuvre  globale incluant l’île artificielle, les sculptures en plein air, traces et artéfacts face à la nature, et bien sûr le bâtiment, sculpture plus qu’enveloppe, même s’il reçoit des expositions (en ce moment, Marisa Merz). C’est dans le dialogue entre toutes ces formes que se construit une mémoire des temps et des lieux inscrite dans le paysage. De quoi retrouver de la sérénité et un autre rapport à notre espace…

Le centre d’art de Vassivière en Limousin

Levi's clever content

Jul 27 2010

Pas facile de parler de branded content quand ce dernier n’est pas signé par une marque.

Pour autant cela n’a pas empêché Levi’s de soutenir la production d’un film Internet du nom de “Guy Walks Across America“.

Filmé en stop-motion, on y suit un jeune homme de dos traversant les Etats-Unis. Pour autant, point de gros logo de la marque si ce n’est l’étiquette rouge à la fin du clip

Levi's clever content

mais aussi une image lors de la traversée de San Fransisco pour les plus attentifs

Levi's clever content

Certains pourraient se demander quel intérêt la marque de vêtement aurait à financer la production (fournissant l’essence, la nourriture et des jeans pour toute l’équipe). Pour ma part, je trouve que pour c’est une opération intelligente.

Renforcer son image “cool” sans bombarder l’internaute façon spot Juvamine, le tout en faisant plus de 700 000 vues en moins d’une semaine, c’est clever de la part de Levis.

Bonus : Pour les plus curieux d’entre vous, vous pouvez voir le making-off du film, voir le périple du google maps et un spot qu’avait produit Conscious Minds (les gens derrière Guy Walks Across Amercia) pour Levi’s :

Picasso vs numérique : une exploration de Guernica en 3D

May 17 2010

YouTube Preview Image J’ai reçu récemment d’une amie un lien concernant le travail d’une graphiste allemande, Lena Gieseke, à  l’université de Géorgie-USA… à regarder plein écran avec le son. Selon les termes de Lena, l’apport de la 3D à l’étude de Guernica offre une nouvelle perspective qui révèle des aspects cachés de l’œuvre, aide à en identifier les éléments les plus signifiants et à comprendre comment ils s’agencent pour former une œuvre cohérente. Bref, Guernica comme vous ne l’avez jamais vu.  Mais Lena pose aussi des questions relatives au statut de son travail par rapport à celui de Picasso. C’est là l’occasion de mettre en évidence des mutations apportées par le numérique dans le domaine de l’oeuvre d’art. Vous connaissez sans doute le chef-d’œuvre de Picasso, gigantesque toile de  plus de 27m2, évoquant le massacre de Guernica sous un bombardement allemand en 1937 pendant la guerre civile espagnole. Vous connaissez peut-être aussi l’émotion qu’il peut engendrer, accroché sur un mur du musée Reina Sofia de Madrid. Alors que change le numérique ?

Là où l’œil seul permet de saisir le tableau de Picasso, le travail de Lena apporte une nouvelle sensorialité. Même si l’interaction est ici passive, il naît une sensation de déplacement relatif du corps autour des figures 3D « extrudées » du tableau. Le corps est augmenté de perceptions nouvelles, le visuel se recorporalise.
Là où le tableau est un original, authentique, unique, lié à une histoire, accroché en un lieu muséal, et bénéficie donc d’une forte aura, la réalisation numérique est indéfiniment reproductible, transmissible et actualisable simultanément ou non sur une infinité d’écrans, et voit donc son aura remise en cause.
Là où, dans l’œuvre de Picasso, l’idée efface l’outil, le numérique réintroduit leur complémentarité ; et cela parce que le développement continu des possibilités du hard et du software interagissent nécessairement avec l’imagination de l’artiste.
Là où la peinture de Picasso est la trace d’une activité empirique, le travail de  Lena est une activité subordonnée à la science. Elle affronte ici une rupture avec les techniques de Picasso. Au travers du codage, tout y est langage, depuis la simulation des outils de dessin et de sculpture jusqu’aux mouvements de caméra et à l’éclairage, et aussi jusqu’à la transmission par le réseau et son actualisation sur l’écran.
Là où l’œuvre de Picasso impose une forte présence du sujet artiste, une subjectivité affirmée, la perte de la trace et du geste dans l’œuvre numérique, et aussi le filtre du langage codé imposent un affaiblissement voire une disparition du sujet. Ia singularité de l’œuvre, de l’auteur et de son point de vue sont ici peu ou pas perceptibles.

D’un point de vue plus personnel, j’ai pris plaisir à regarder ce travail graphique, mais il me semble que l’émotion perçue ne naît plus vraiment du sujet représenté, mais davantage d’une fascination pour le résultat apporté par la technique, par ce qu’elle me permet de réaliser, de voir que je n’aurais pas vu, bref d’un parfum de sublime technologique (voir Mario Costa) . quant à la musique de Manuel de Falla qui accompagne les images, a t-elle un autre sens que de servir de lien spatio-temporel entre les deux artistes et avec l’Espagne du premier tiers du XXème siècle. Et si l’on avait réalisé le même type de travail en « extrudant » une collection de hamburgers Mc Donalds à partir d’une affiche et en l’accompagnant de « Born in the USA » de Bruce Springsteen ? La question de l’œuvre d’art se serait-elle posée de la même façon ? C’est l’œuvre originelle qui appelle la différence de regard, comme un dernier signe de l’aura. Tout en présentant des caractéristiques fondamentalement différentes, la création de Lena ne coupe donc pas le cordon avec Picasso. Il manque pour cela le traitement singulier, ou le détournement qui autonomiserait son travail.

On le voit, le recul des frontières de la technique entraîne le questionnement des frontières de l’art. Le numérique oblige à reconsidérer les rapports art-sciences comme cela s’est d’ailleurs  produit à chaque innovation scientifique et technique. La mise à disposition d’outils numériques pour tous et pour tout permet l’infiltration de l’art dans toutes nos activités, ce qu’Yves Michaud appelle l’art à l’état gazeux, et contamine en retour la dimension artistique. L’esthétique de l’œuvre numérique, c’est la conjugaison du code et du sensible. Mais il ne faut pas négliger le risque qu’une œuvre se réduise à des effets technologiques. Au final, son statut se détermine d’autant plus difficilement qu’il faut prendre en compte l’absence de structure légitimante pour ce type de travail et aussi les difficultés du marché de l’art à faire son deuil de la rareté, de l’unicité de l’œuvre et peut-être de sa durabilité. Il faut aussi prendre en compte l’absence de recul. Après tout il a bien fallu un siècle pour que l’on accepte d’accoler art et photo…

Greenpeace vs Nestlé, un résumé en graphiques un mois après…

Apr 19 2010

Retour sur l’offensive de Greenpeace contre Nestlé, accusé de précipiter la disparition de la forêt tropicale et de l’orang-outang-symbole par l’utilisation d’huile de palme entre autres dans ses barres Kit Kat. Le déroulement de l’opération a été amplement décrit et analysé (voir en particulier Fabrice Epelboin sur Readwriteweb). Que reste t-il de cette affaire un mois après son déclenchement ?

Tout d’abord un modèle d’offensive en « total digital » : détournement de logo + clip viral + kit de campagne numérique + Twitter + Facebook. L’activité autour de Nestlé a fortement cru à partir du 17 mars, date du lancement de la campagne Greenpeace. (voir les graphiques sur le billet d’Epelboin).

Comment la bataille s’est-elle étendue au delà des réseaux précités ? Une requête sur Google Tendances montre bien la chronologie. Dès le premier jour ,le nombre de requêtes Nestlé + greenpeace sur Google explose, que ce soit le fait de militants soucieux de connaître l’impact sur le net de l’offensive ou de curieux désireux de s’informer, peut-être alertés par la densité des résultats de requêtes sur Google, onglet Nouveautés.

Google Tendances :  mots-clés Nestlé+Greenpeace

Google Tendances : mots-clés Nestlé+Greenpeace

Deux jours après, on observe l’explosion des requêtes Nestlé+Facebook et Nestlé+Kit Kat, ce qui correspond effectivement à une recherche d’infos après une première réponse agressive de Nestlé qui a déclenché l’offensive des internautes sur sa page Facebook. L’affrontement sur les médias sociaux nourrit l’intérêt des internautes sur le web en général, et réciproquement certainement.

Google Tendances :  Nestlé+facebook

Google Tendances : Nestlé+facebook

Google Tendances : Nestlé+Kit Kat

Google Tendances : Nestlé+Kit Kat

Comment les médias numériques ont-ils réagi ? Une requête sur Wikio Trends montre bien un pic remarquable de news dès le 18 mars, ce qui montre l’extension rapide du terrain de communication au delà des médias sociaux. A noter que les deux pics précédents concernent des nouvelles stratégiques ou financières pour Nestlé.

Wikio Trends

Wikio Trends

Enfin, comment les médias traditionnels ont-ils pris l’affaire en compte ? Il faut bien dire qu’il n’y a pas eu autant de bruit que sur le net et il se sont tenus en marge de la bagarre. Quelques échos, quelques brèves, un très court billet dans le bruit du net sur France info par exemple. Si l’on parle de la presse dite de référence, elle a plutôt retenu la conclusion de l’affaire qui sonne comme plutôt positive pour Nestlé puisqu’on insiste surtout sur sa conversion à l’huile de palme durable (titre de l’article du monde).

Quels effets sur la réputation de Nestlé ? Les graphiques proposés par Fabrice Epelboin montrent l’accroissement des sentimentss négatifs. Celui de Sysomos confirme l’impact, sans doute passager, de la campagne de Greenpeace sur l’e-réputation de la marque.

Sysomos Map

Sysomos Map

On a parlé de l’effet sur le cours de bourse de Nestlé. Pas évident pour qui n’est pas analyste…le cours a effectivement baissé les 17 et 19 mars, il est difficile de mesurer l’impact de l’offensive par rapport aux autres facteurs, l’action ayant évolué les jours suivants sans corrélations manifestes avec l’affaire.

Les Echos

Les Echos

A l’heure du bilan, et pour ne pas connaître les objectifs des uns et de autres, il est difficile de savoir si leurs objectifs respectifs ont été atteints et dans quelle mesure. Il est cependant un fait que Nestlé a manifestement sous-estimé, mal-utilisé et mal-traité les réseaux, particulièrement sa page Facebook, ce qui l’a d’ailleurs conduit à s’excuser. Twitter, les réseaux sociaux, les blogs et les médias numériques se sont mutuellement renforcés pour créer le buzz que nous avons connu et qui ont placé Nestlé en situation de crise. Défait sur le terrain des médias sociaux, ses réponses ont été conçues « à l’ancienne » si l’on peut dire, sous forme d’injonctions (malheureuses), d’une page questions/réponses sur le site corporate et sous forme de communiqués. Très succintement, je retiens le modèle d’offensive digitale et ses résultats :
- une confirmation : On ne détourne pas l’esprit d’un réseau social à son profit. La tentative de censure du clip par Nestlé , ainsi que ses réponses agressives des premiers jours n’ont fait que déchaîner les internautes et amplifier le buzz. Tout kayakiste (souvenir de jeunesse) vous dira qu’on entre dans un torrent dans le sens du courant, c’est la qualité du coup de pagaie qui fait la différence.
- Nestlé change de fournisseur d’huile de palme. Il se paye même le luxe d’appeler à un memorandum sur la déforestation. La suite, moins numérique,…ici.

Sur les toits de Paris…version numérique 2010

Apr 13 2010

Un moment récréatif pour ceux qui ne l’aurait pas encore vue : je veux parler de la photo annoncée comme la plus grande du monde pour l’instant. Ce type de réalisation (dont j’avais parlé du principe lors de l’investiture d’Obama) est utilisé ici de façon anecdotique. Mais pour qui aime Paris ensoleillé, on peut zoomer de façon fluide depuis les terrasses de Saint-Sulpice vers les zones Ouest-Nord-Est et laisser vagabonder son imagination. Et si sur Google Earth on est saisi de l’envie irrésistible de zoomer sur sa maison, ici on est saisi de l’envie irrépressible de jeter un coup d’œil sur les toits mais aussi sur les terrasses, vers les fenêtres…Eh bien il ne se passe pas grand chose sur les toits de Paris, sauf ici peut-être ! Une bonne amorce pour un concours d’imagination et d’écriture si le cœur vous en dit ! On imagine ce procédé dans un usage documentaire ; pourquoi pas un zoom sur des détails indexés et commentés de la façade de Notre-Dame, du sacre de Napoléon, ou bien un microscope électronique virtuel explorant le corps d’une mouche …

Google tendances rejoint la cohorte des outils de mesure sur le net.

Jan 29 2010

Si vous voulez connaître l’évolution de l’intérêt pour un mot ou une expression sur le moteur Google en général, ou bien comparer ces résultats à des mesures sur d’autres requêtes (similaires, antagonistes, concurrentes,…), dans des zones géographiques ou encore à des périodes de temps déterminées, Google propose depuis la deuxième moitié de 2009 un nouvel outil qui permet tout cela en français désormais. Tendances (le bien nommé) s’inscrit ainsi dans la tendance à développer des instruments de mesure, laquelle a le vent en poupe depuis un certain temps. Après les Adwords et les Analytics désormais largement inclus dans les panoplies marketing et pub, Google propose la mesure de l’intérêt pour un mot ou une expression et de son évolution. Cette mesure n’est pas sans intérêt pour la définition et la mise en place des campagnes. En jouant sur l’intérêt manifesté pour un terme suivant les périodes, les zones ou d’autres termes, on peut ainsi optimiser les choix effectués. A titre d’exemple, on verra entre autres que l’intérêt pour Obama dépasse l’intérêt pour Sarkozy entre le 4ème trimestre 2008 et le 1er trimestre 2009, mais aussi que l’intérêt pour le terme Sushi (je suis actuellement « japonophile ») croît rapidement , davantage en France qu’en Espagne, que cet intérêt n’est pas particulièrement saisonnier, que l’Île de France et PACA sont les deux régions où le terme suscite le plus d’intérêt, que la recherche de sushis explose en Limousin ces derniers mois ( ? ?) et aussi que « sushi shop » est le terme le plus fréquemment utilisé dans les requêtes, etc…Vendeurs ou futurs vendeurs de Sushis, c’est à vous !

L’intérêt pour une recherche pouvant naturellement concerner tout autant la grippe que Facebook, Renault ou Obama pour ne citer que des mots relevant de domaines très variés, l’échelle Google permet en quelque sorte de prendre le pouls d’un espace-temps. Aucun des résultats fournis n’est bien sûr dénué de relations avec une notoriété, une réputation ou simplement l’actualité…en fait avec l’émotion ou l’ampleur des réactions générées par une communication ou un événement. L’outil ne fournit certes que des données quantitatives sans précisions quant au pourquoi de la recherche et donc sans interprétation. Cependant, les résultats de ces mesures sont parmi les très nombreux indicateurs d’audience qui touchent aussi au domaine de l’e-réputation, même si leur interprétation nécessite une excellente connaissance du contexte, et est de ce fait complexe. On comprend bien ici une nouvelle fois que le temps réel, inscrit dans les gènes du numérique, modifie l’appréhension et la perception des états du monde Et ce sont ces mesures en temps réel, la réactivité qu’elles permettent qui les promet à l’extension rapide de leurs usages. Notons au passage que les annonceurs l’ont bien compris, eux qui durant 2009, ont continué à privilégier (malgré un ralentissement), le net et sa réactivité, permettant de mesurer et de calculer la performance en temps réel, ce qui est fondamental dans cette période de crise (voir le résumé de l’étude de Cap Gemini).

Helping your day being special !

Dec 24 2009