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Facebook gagne de l'argent, mais ne rassure personne

Donc, Facebook nous annonce gaiement qu’elle va sortir “environ” 600M$ de revenus, soit deux fois plus que l’année dernière.

Le détail s’avère aussi instructif que source de circonspection
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  • Facebook parlerai des marques comme “en situation d’expérimentation” (sic) dans l’utilisation des ses solutions publicitaires. C’est sans doute prometteur dans l’idée, autant que cela donne à penser en terme d’immaturité du modèle quand le marché attend des solutions claires et de la visibilité. Chacun appréciera.
  • On sera évidemment surpris par la faiblesse des Ads Microsoft. J’avais pour ma part zappé l’apparent retrait de la firme de Redmond à se servir de la plateforme en ce sens … Passons.
  • Désappointement total par contre, devant la dégringolade du marché des cadeaux virtuels. Considéré comme une véritable poule aux oeufs d’or, sinon carrément un vrai modèle de business il y a peu, ces résultats font l’effet d’une douche froide. Ça sent l’évaluation à deux balles et les changements de métriques. Ce n’est pas sérieux.
  • On notera enfin que le marché du social gaming est bien réel puisque c’est le premier centre de revenus de Facebook (quoi, vous ne jouez pas à FarmVille ?). De quoi s’interroger sur les récentes annonces de la firme visant limiter les notifications de ce centre de profit sur les murs, sans parler du potentiel inexploité des apps, sous-représentées dans l’interface au profit d’un suivisme de Twitter.

Au final, tout cela présente un paysage certes profitable, mais instable, flou et finalement incertain pour tous ceux qui voudraient fonder un business model là-dessus.

Il est utile de rappeler que Facebook a beau avoir levé (et grillé) 1,5Md$ de cash, l’entreprise n’est jamais entré en bourse et n’est pas cotée. Cela occasionne des sujets croustillants sur sa valeur supposée et alimente la chronique mondaine sur des spéculations de rachat. On a beau être des géants du net et appréhendé comme des grandes firmes planétaires, la communication financière et l’appréciation des résultats échappe aux règles et tient parfois plus de la PME que de l’éthique et des standards du business.
Cela explique sans doute à quel point on ressort de la lecture de ces chiffres et des appréciations qui s’y trouvent avec cette sensation de flou, d’amateurisme, de vaste bordel. On mesurera aussi combien rumeurs et spéculations fabriquent nuages de fumées et autres lanternes ayant pour réalité d’être des vessies. On s’interrogera enfin sur la solidité de tout cela.

Le leçon que j’en tire pour ma part n’est pas qu’il faut fuir à toute jambes et se priver d’un terreau d’usages sur lequel se retrouve, rien qu’en France, un quart de la population. Il faut “simplement” faire preuve d’agilité et, puisque Facebook nous y invite lui-même, à expérimenter, à être en mode web 2, le vrai, celui où l’avancement de l’investissement se fait au résultat. Reste, évidemment, à avoir un objectif et des indicateurs

  • julienb

    je ne comprends pas ce post. alors que le précédent présente fb comme le gagnant du duel l’opposant à google, pourquoi le même jour le descendre en flammes, au motif des chiffres. Bien sûr qu’ils sont pipeaux, comme l’étaient ceux de Natixis, d’AIG, de Bank of America… c’est le jeu.
    Maintenant, il ne faut pas oublier que fb vient d’inventer de l’extérieur ce que Microsoft n’a jamais réussi à inventer de l’intérieur : un OS qui tourne sur toutes les machines du monde, avec un gui et des apps dedans, en client serveurs (ah, le fameux cloud!). Et un vpn dans le web. Avec ses règles, celles d’une entreprise soumise à la loi américaine et des CGU, une agora virtuelle, un environnement entièrement privé.
    alors oui, cela sent l’amateurisme, mais le concept est flambant!