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Mes nouveaux voisins sont sur Facebook

Coup sur coup, le PEW nous a gratifié de deux livraisons magistrales. L’une sur Twitter et la mise à jour de statuts sur le web, l’autre sur les phénomène d’exclus sociale et le web.
Je trouverai génial qu’il y ait, en France, sinon en Europe, une sorte d’équivalent du PEW. Cela éviterai de se dire que ce sont des chiffres US et d’avoir des points de comparaison. Mais on se contentera de ça, sachant que, dans le fond, ces deux livraisons viennent corroborer ce que l’on sait déjà.

La lecture de l’étude sur l’usage des statuts en ligne montre que c’est un marché. Il touche un adulte américain sur deux et Twitter pèse 25% de celui-ci. Formé d’utilisateurs convertis aux médias sociaux, l’usage touche tout particulièrement les moins de 50 ans et ceux qui pratiquent l’internet mobile. L’enjeu de cet usage est massivement de maintenir le lien social. L’âge moyen est de 31 ans sur Twitter, de 33 sur Facebook, de 39 sur LinkedIn. Qui crois encore que les médias sociaux ne sont peuplés que d’adolescents ?
Celle sur l’exclusion vient démentir, encore une fois, le lieu commun qui voudrait que les fondus du web sont reclus chez eux et en isolement caractérisé. Dans sa synthèse de la livraison du PEW, Le Monde dit que cette étude contredit celle, “faisant autorité”, datant de 1985. Il n’échappera à personne que le web de masse n’était pas né, encore moins les réseaux socio-numériques ! Mais le constat que le web renforce le lien social était déjà établi depuis plus de dix ans. Parce qu’il développe les relations entre les gens, il stimule leur envie d’être ensemble. Les gens qui sont sur le web ont plus d’amis et plus d’opportunités de sortir.

A ce titre, le cas du voisinage est intéressant. C’est un fait, il ne se porte pas bien, à telle enseigne qu’on en vient à instaurer des journées et autres repas de quartier. Dans sa livraison, le PEW note que les internautes américains n’ont pas moins de relations avec leurs voisins que les autres, mais que les échanges qui ont lieu sur les médias sociaux ont tout, dans leur nature, de relations de voisinages.
A bien y réfléchir, cela me paraît tout à fait notable. Il est bien connu que les réseaux sociaux servent d’abord et avant tout à maintenir le lien avec des gens que l’on connaît déjà. Les jeunes tchattent sur MSN ou s’abreuvent de SMS à la sortie du collège. Leur mère fait pareil avec ses copines, par Facebook interposé, et tout le monde s’échange des tuyaux. Ce n’est pas parce que c’est fait avec des outils modernes que ce n’est pas du commérage et de la bidouille vieille comme le monde.

Grace aux médias sociaux, les gens ont des réseaux plus étendus et plus diversifiés qu’avant. Ils parlent peut-être moins avec leurs voisins, voire ne les connaissent pas, et cela ne date pas du web. Sauf que le web semble donc avoir permis de recréer une autre forme de voisinage, donnant la faculté de choisir ses “voisins” en quelque sorte.
On notera, pour ceux qui se seraient intéressés, des conclusions tout aussi passionnantes concernant le cercle familial, où le même type de phénomène se produit.
Sans faire de bruit, je crois pour ma part, qu’il y a derrière tout ça des modifications profondes de la société et qu’on n’a pas fini d’en reparler …

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