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November 14, 2008

Après la crucifiction vint la résurrection

Posted by amo@emakina.fr

Le web 2.0, c’est fini. Il est en tous les cas de bon ton de le dire sinon de renier le mot, de le crucifier pour nous laver de nos utopies. C’est évidemment surtout valable depuis la cristallisation de la crise et le changement de stratégie de l’écosystème IT. Le web 2.0 Summit est venu couronner tout ça, avec une audience massive et avide, venu chercher la lumière auprès d’intervenants prestigieux qui n’avaient en fait rien à dire et un Tim O’Reilly dépité sur l’air du vous n’avez rien compris.
Tout était pourtant déjà dit dans le cri du coeur de Michael Arrington, sur le constat qu’il faut (enfin finir par) prendre acte que le cycle d’innovation et d’adoption qu’a représenté le web 2 est TERMINÉ, penser réalisation et non circonvolutions technico-marketing. Tant en terme technologique, de modèle, de pratique, de business, de tout ce que vous aviez mis dans ce terme qui ne veut rien dire, le web 2.0 est une chose du passé. Mais ce que tout le monde conclu, c’est que le web 2.0 est mort et tout ce qu’il a représenté avec lui. Or c’est tout le contraire qui se passe : le changement a eu lieu et ce n’est plus un sujet parce que ça s’est passé. L’unique question qui se pose est de savoir si vous en avez tiré les conséquences ? Vu la situation présente, c’est plus qu’une simple question qui se pose à vous !


Mais que s’est-il donc passé au juste ? ce qui s’est produit, c’est l’appropriation de masse des instruments du web de telle façon que les gens se parlent et fond des choses entre eux, dans une émancipation généralisée d’avec les médias et les mécanismes historique de la société hiérarchisée. Le web 2.0 n’a rien à voir avec la technologie ou des start-ups, mais avec ce que les gens, en masse, font avec le réseau. Cela a eu lieu, ce n’est plus dans les mains de quelques penseurs ou pionniers, c’est une réalité bien concrète. Le seul et unique sujet maintenant, c’est l’impact que ce changement a déjà et va avoir, ce n’est pas de chercher un je ne sais quel web 3.0 qui n’existera jamais.
L’impact il est dans Wikipedia, dont on peu penser ce que l’on veut, mais qui est incontournable et central dès que l’on parle de connaissance. L’impact il est dans ces industries qui faute d’avoir tenu compte du changement sont purement et simplement remises en causes, tel l’industrie de la musique à cause de son centrisme sur un support physique qu’est le CD. L’impact, il est dans les médias qui ont complètement adopté le web 2 et la réalité qui est que qui que ce soit, d’un clic, est apte à être un support média. D’ailleurs, tout le monde est un média. L’impact, il est dans les marques, qui découvrent que leurs pubs ne changent rien à ce que les gens en pensent puisqu’ils se construisent des convictions entre eux. L’impact, il est dans ces entreprises qui ne se rendent pas compte que leur annuaire d’entreprise, c’est LinkedIn, et que 9 mails sur 10 partent à la corbeille sans être lus. L’impact il est dans un Barack Obama qui a compris que le monde avait changé et s’en est servi pour être élu et va s’en servir pour gouverner autrement. Al Gore l’a bien compris, lui qui s’est clairement positionné au web 2 Summit, pour poser la question du sens politique que représente le web social aujourd’hui : “[the] empowerment of individuals to use knowledge as a source of power that has come with the Internet”.
Comme cela a été clairement dit hier soir à BlueKiwi 2009, les gens ont l’accès à la connaissance et la capacité à en faire quelque chose ensemble. Il est devenu illusoire de penser que co ntrôler l’information suffit à asseoir du pouvoir, c’est juste devenu inutile et pire encore, improductif. Chaque jour qui passe nous raconte une histoire de gens et surtout de directions qui s’endorment sur la conviction de contrôler les choses et se réveillent avec la réalité que ceux qu’ils pensaient ainsi contrôler se sont saisis de la connaissance et ont pris le contrôle, sans faire de bruit, mais avec efficacité et résultat, pour eux-mêmes. Ces gens là ne pensent pas fonctionnel et outils, notre jargon de geek ne veut rien dire pour eux, ils font, y trouvent leur compte et c’est tout. Ils sont ces étudiants de Lettres que j’ai eu en face de moi récemment, qui ne savent pas ce qu’est le web 2.0, un blog, RSS et tout le reste, mais qui se sont ouvert un WordPress et y slidesharisent les powerpoint que leurs profs leur laissent en FTP ou par mail, pour en faire discuter entre eux, sans attendre que qui que ce soit le leur demande. Ils sont ces employés qui se sont fait des tableaux de suivis dans Spreadsheet, parce que c’est plus simple et plus efficace, entre eux, et ne reportent plus dans le décisionnel que pour la galerie.
En attendant, il est toujours possible de refaire le monde et de se dire que le soleil se lève à l’est chaque matin, qu’il faut juste serrer les boulons comme la fois d’avant ou, mieux encore, changer de personnel. Saut qu’il y aussi les histoires de ceux qui ont compris que les informations empilés dans des silots n’ont aucune valeur puisque personne ne s’en sert, que la valeur se générait par le fait que les gens s’en servent, donc dans la tête des gens, que la notion de réseau social ne se réduit pas à Facebook, que leur organisation en est tacitement un et qu’il est juste inexploité.
Aussi, en ces temps troublé où l’on peut penser que le web 2.0, c’est has-been et fini, la vérité c’est que ses effets et ses potentialités sont partout. Il y a ceux qui le comprennent et changent pour être en situation d’en récolter les fruits. Il y a les autres, qui vont juste rester sur le quai et se rendre compte trop tard que le monde a changé. Et le fait est que le point de bascule, c’est maintenant qu’il se produit parce que la crise permet à beaucoup de se rendre compte que c’est maintenant que les choses se passent
L’heure n’est pas au repli, le moment est venu de prendre à bras le corps le monde moderne, de basculer dans d’autres façons de faire et de penser, de se donner les moyens d’être un acteur de demain. Le web 2.0 a eu lieu et il nous a apporté tout ce qu’il faut pour l’être. Il suffit maintenant de l’appliquer et c’est dans votre tête que ça se passe.

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