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October 22, 2008

La famille, au coeur des pratiques socio-numériques

Posted by amo@emakina.fr

Socialiser online ne relève pas que de la recherche de nouveaux amis, c’est surtout un moyen d’étendre la relation avec ses proches et en premier lieu sa famille. C’est typiquement une des leçons d’une des récentes études du PEW. Dans un contexte où les membres d’un même foyers sont connectés via différents ordinateurs et leurs téléphones aussi, les outils socio-numériques permettent de maintenir le lien. Au passage, ceux qui pensent “support” et distinguent usages mobile et ordinateur se trompent, c’est juste une seule et même expérience, juste un problème de continuité et de contexte d’usages. Le sens et les buts recherchés sont exactement les mêmes.


Le contexte familial est sans doute un des lieux les plus riche en terme de pratiques socio-numériques. Ce n’est surtout pas moi qui vait dire le contraire, cultivant des communautés familiales depuis bientôt 10 ans. J’ai même envie de dire que ce sont d’excellents territoires d’apprentissage, pour les jeunes et les newbies, de puissants leviers d’appropriation des usages. J’en fait actuellement l’expérience avec un phénomène assez fascinant à observer de déplacement de communautés fermés vers Facebook. L’espace communautaire traduisait les limites de la communautés. Sur les réseaux sociaux, les cercles relationnels apparaissent, les choses vivent plus par la vitalité des liens que par des délimitations territoriales, des maisons communes.
Cette étude pointe en effet beaucoup combien le numérique génère du pervasif. Le numérique ramène du travail à la maison, idem pour l’école ou les hobbies, il crée de la porosité avec d’autres univers extérieurs à l’expérience familiale, qui viennent s’insérer dans le vivre ensemble traditionnel. Cela participe d’un trouble bien traduit par l’analyse de RW. Il y a de l’ambiguité dans les réponses, entre crainte d’affaiblissement des liens et convictions que les outils socio-numériques les renforcent. Cela va de paire avec ces choses que l’on entend sur l’affaiblissement des moments du être ensemble et ces articles du genre “on a éteind la télé pour dîner et on s’est retrouvé”, où de ce qui n’est pas qu’une posture ou qu’une mode à rechercher des séquences de déconnexion.
Il sera dans les faits très difficile de juger. Les jeunes, la fameuse génération Y en tête, qui intègrent d’emblée de nouvelles manières de fonctionner, n’ont pas de pensée réflexive comme ceux de la génération précédente, qui a grandit dans l’ancien monde (celui sans mobile ni réseaux) mais a appris et fonctionne avec le nouveau. C’est la seule en situation de mettre en perspective le changement et c’est pour cela qu’elle en parle. Ceux encore d’avant, qui sont restés dans l’ancien ne comprennent simplement pas. Ces débats n’ont de sens que pour nous notre époque.
On n’a pas fini d’entendre un “c’était mieux avant” et la nostalgie des nappes à carreaux aura aussi sa version web.

  • C’est une étrange enquête que nous livre le Pew effectivement. L’enquête semble vouloir “démontrer” quelque chose d’important : que les outils numériques, partagés par l’ensemble des membres de la famille, peuvent contribuer au lien familial. Mais ce n’est pas partout le cas. Dans beaucoup de foyers, les connexions sont morcelées et les rapports ne passent pas les mobiles des uns ou l’internet des autres.
    Peut-être que Facebook et d’autres sites sociaux pourront tisser des passerelles. Pas sûr pour autant qu’ils soient suffisant à casser toutes les pratiques, à réduire les fractures que l’on trouve dans les foyers. Ce qui semble en tout cas certain dans cette étude, c’est de montrer combien la présence de la génération Y est moteur pour tout le reste de la famille.
    Si vous voulez resté branché, faites des enfants !