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April 29, 2008

Le monde est social

Posted by amo@emakina.fr

La mise en perspective de Mongan Stanley entre le web 2008 et le web 2005 affirme bien ce que l’on sait déjà. Le web est social, dominé par des univers de socialisation de masse. Ils ont pris la place de grands sites médias. Le web est distribué, l’unité de base n’est plus le site et le web a cédé la place à la widgetisation et à la dissémination du contenu. À l’avenir, la notion même de web va perdre son sens, les machines vont se parler et nous sommes déjà connectés par bien d’autres instruments qu’un ordinateur. Nous sommes en réseau.


Le web est social et son impact en devient vraiment puissant. Beaucoup pensent au changement de fond qui touche nos modes de fonctionnement personnels et de travail, avec notamment la remise en cause de l’idée même de projet et d’organisation. Pour moi il y a du changement en vue dans le modèle social, un sujet malheureusement fort peu discuté.
Mais il y a des conséquences plus globales. À l’heure où les experts en organisations d’entreprise fantasment sur le modèle d’organisaton d’Al Quaeda et sa plasticité, il y aussi des leçons géostratégiques de la puissance des liens sociaux à l’ère numérique. Ils démontrent bien plus crûment comment les batailles se gagnent moins par la puissance intrinsèque par la capacité à innover et évoluer à plus grande vitesse. Dans un registre plus léger c’est bien là le drame de l’industrie culturelle.
Le web est social et sa conséquence est simplement que tout va maintenant beaucoup trop vite. En marketing, la vraie question, ce n’est pas vraiment que les consommateurs parlent, c’est surtout que leur réflexion va plus vite que la capacité de réaction de la marque elle-même. Les auditeurs devancent même les conférenciers, maintenant.
La vraie problématique me semble maintenant d’être sûr de ses forces et de connaître ses faiblesses, d’anticiper le débat, de jouer sur une autre temporalité que d’attendre le risque. On voit bien aujourd’hui que la conduite des choses est entrée en phase de turbulence et en recherche de nouveaux modèles et de nouvelles temporalités pour la décision et l’action. Là aussi, ça commence déjà à intégrer le réseau.
Et l’individu dans tout ça ? Si le monde est vraiment en réseau, si là où ça se passe, c’est dans les réseaux, c’est donc là où il faut être pour demain. Cela dit, nous ne sommes pas égaux dans l’univers des réseaux sociaux et d’ailleurs, l’engagement à se donner pour tenter d’y exister et d’en tirer profit n’est pas l’ambition de tout le monde. C’est une nouvelle fracture et celle-là ne se résoudra pas avec de la plomberie, elle adresse l’éducation, la société et nos valeurs.

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