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July 23, 2007

Theseus et Quaero sont sur un bateau …

Posted by amo@emakina.fr

Il y a maintenant plus de deux ans et demi, Jean-Noël Jeanneney avait poussé ce fameux coup de gueule qui avait lancé cette drôle d’idée qu’il faille absolument que l’Etat français et surtout l’Europe dépense ses deniers à concurrencer Google. En janvier dernier, je pensais sincèrement qu’on approchait de la fin avec le retrait allemand de Quaero. Et bien non, le virus s’est propagé outre-rhin.
Tout cela était déjà ridicule et fleurait tellement les politiques industrielles d’un autre temps qu’il ne manquait plus que les états européens y aillent en ordre dispersé. Après tout, là où la concurrence se fait sur des projets et du capital-risque, selon une mécanique que certains rapports ont su relever lors de la dernière campagne présidentielle, on va peut-êre assister à une compétition entre projets subventionnés. Une drôle d’idée de l’économie moderne !


Accessoirement, il s’agirait donc de dépenser un milliard de franc à chercher une idée de rupture, là où il faudrait accélérer la croissance et la sélection naturelle des milliers d’idées et de projets qui ne manquent pas parmi les entrepreneurs et chercheurs européens. Google, c’était il y a dix ans à Standford et à l’heure d’une réforme des université française, je m’étonne que cela ne soit pas plus central dans le débat. L’année dernière, Google dépendant 6 fois plus, mais à peine son bénéficie net, pour acheter YouTube, qui est centre du jeu non par je ne sais quelle idée, mais parce qu’il a été élu par les usages. Ça aussi, c’est une leçon qui n’a pas été comprise de ceux qui pensent en terme de Quaero ou Theseus.
Mais je me méprend, on se trompe en faisant une comparaison, il s’agit en fait de financer la r&d de grands groupes installés en faisant un peu de démagogie sur l’air de l’indépendance culturelle et je ne sais quoi. La France et l’Europe sont encore en logiques centralisées et keynesiennes là où l’économie de la connaissance est en réseau et schumpeterienne.
Je ne sais pas ce que Jean-Noël Jeanneney pense de tout cela, mais ce n’était pas le sens de son appel.

  • Tu aurais pu faire le parallèle Galiléo / Quaero. C’est toujours la même approche de “follower” et de repartir “from scratch” en réinventant la roue. Je connais quelques entreprises qui sont sur Quaero et qui voient ce projet comme une bonne petite subvention déguisée à gratter. Comme tu le suggères pourquoi ne pas partir de projets déjà existant en phase post embryonnaire ou de regarder vers les labos pour du transfert d’IP.
    Après l’approche française et allemande sont bien différentes, Quaero est sur la reco d’images et de vidéos tandis que les allemands partent sur le sémantique et la notion de contexte associé. Qui a raison sur le fond ?

  • Aucun des deux, ils sont en retard d’un step dans le processus de management de l’innovation qui caractérise le web.
    Pour le reste, j’ai déjà beaucoup parlé de Quareo, j’ai même été interviewé par le MIT l’année dernière. C’est bien mais tardif pour des gens comme Exalead, mais c’est quand même de la subventionnite enrobée d’un discours dépassé et démagogue.
    Sinon, j’attends le détail du Small Business Act “à la française” que l’on nous a promis et on peut aussi s’amuser à suivre les aventures de nos pôles de compétitivités.