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May 18, 2007

Jacob Nielsen fait la leçon au web 2.0

Posted by amo@emakina.fr

Le grand gourou du webdesign vient de délivrer une sentence assez critique à l’égard du web 2 et plus particulièrement de la manière dont le design d’interface s’y exerce. Il parle peu Jacob Nielsen, mais quand il le fait, ça génère du buzz et en l’espèce beaucoup de débat.


Le point principal de la critique, c’est celui de la négligence de principes élémentaires selon lui en terme d’utilisatbilité et d’accessibilité. Un excellent sujet, en effet !
Personnellement, et même si je suis très outillé en services 2.0 et en retire une grande satisfaction, je suis assez perplexe en effet sur l’utilisabilité de beaucoup d’interfaces. C’est en fait très inégal et surtout très appuyé sur une population présumée très à l’aise avec les outils web. Or, tous les internautes ne sont pas des geeks et c’est bien là le problème.
À animer quelques communautés où les non-geels pullulent, manipuler un Flickr, ou même gérer un bête blog s’avère un exercice complexe pour le commun des mortels. J’ai ainsi du réviser mon appréciation très élogieuse de Vox, un modèle du genre s’il en est, devant l’air dérouté d’amis pas du tout convaincu. Le web 2 a institué une culture d’usages, mais celle-ci nécessite un apprentissage et les codes que l’on penseraient évidents ne le sont pas du tout.
C’est pour cela que j’apprécie notamment un petit service de communauté personnelle 2.0 bien français, Hellotipi, qui a l’avantage d’être ramassé sur les services essentiels et d’injecter un peu d’Ajax et de 2.0 juste là où il faut pour que ce soit plus simple. Auprès de non-geeks patentés, ça marche d’enfer.
Que les sites web 2 écorchent un peu les dogmes, est-ce bien le problème ? pour moi, la vraie question, c’est une bonne réflexion et une bonne connaissance de la population qui va utiliser le service, le souci d’organiser les services et l’interface avec du sens, de hiérarchiser, de permettre à ceux qui veulent beaucoup d’outils de les avoir sans que ça devienne impossible à ceux qui cherchent une utilisation simple et efficace. On a toujours tendance à en faire trop, à remplir la caisse à outil et puis après ça devient vraiment très compliqué. C’est pour cela que j’aime beaucoup la manière dont avance Facebook en comparaison à d’autres, bien dans l’esprit du web 2 de faire grandir le service par ses utilisateurs et leurs usages.
C’est typiquement le sujet qui est caché sous celui qu’a développé Fred Cavazza à propos du détail de l’utilisation de liens pour faire des actions (alors qu’on ne devrait pas).
Personnellement, j’ai envie de penser que les dogmes sont faits pour être transgressés, pour peu que l’on ai de bons arguments et que la démonstration par l’usage sanctionne le bénéfice. Et c’est à mon sens le constat que l’ont fait avec le web 2. Celui-ci a introduit des fondamentaux d’usages qui sont sanctionnés de fait par la pratique. Certes, c’est un peu empirique, ce qui ne plaît pas par nature aux théoriciens, mais le vrai sujet c’est que des millions d’utilisateurs ont appris à faire certaines choses dans ce type d’interfaces et que les changer n’est pas un pur problème d’ergonomie. C’est aussi la maîtrise du ré-apprentissage pour l’utilisateur et des risques qu’il fait peser sur l’adhésion au service. Quelque part entre une stratégie claire et une connaissance forte de ses utilisateurs résident d’abord les bases de recadrages ergonomiques. Les dogmes ne s’imposent pas d’eux-mêmes, surtout dans un environnement en innovation continu tel qu’est le web.
Pour le reste, quitte à s’échauffer sur les bonnes pratiques, autant aller contribuer chez nos amis d’Opquast et surtout aller donner son avis sur le tout chaud Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations, qui est ouvert à commentaire et sur lequel un bon gros coup de pelle est dans le four chez nous du côté de Jean-Luc.
Enfin, j’attends avec gourmandise M. Nielsen sur le prochain champ de bataille des considérations ergonomiques, à savoir les interfaces riches. Un sujet où le champ des possible est nettement plus étendu et il y aura beaucoup plus à dire !

  • Bonjour,
    A propos du RGAA : afin de concentrer les discussions à propos de ce référentiel et d’en faciliter le suivi, un forum vient d’être mis en place (avec possibilité d’abonnement à un fil RSS) http://rgaa.planete-accessibilite.com/
    Amicalement,
    Monique

  • Analyse tout à fait juste ! Notamment en ce qui concerne les différents types d’utilisateurs.
    Pour lewebpedagogique.com, nous nous adressons aux enseignants qui ont beau faire partie d’une catégorie très technophile, ne disposent pas d’une vraie culture web. La difficulté est donc de développer des outils qu’ils vont utiliser sans forcément avoir recours à des techniques, dites Web2.0, qui nous apparaissent très séduisantes et fonctionnelles, mais qui risquent de les dérouter.
    Difficile donc lorsque l’on connait tous les raccourcis de savoir ceux qui sont intériorisés par les utilisateurs. L’accompagnement, même implicite, est selon moi très bien perçu.

  • Effectivement, je suis souvent très perplexe sur les qualités ergonomiques des applications en ligne (qu’on les affuble du sigle « 2.0 » ou pas). Hellotipi est à ce titre une très bonne surprise. Je me suis surpris à lire la majeure partie des informations de la page d’accueil, toutes pertinentes. Ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, sur un site web.

  • il sera pas trop fort le coup de pelle j’espère, sur la tête ça fait mal 😉

  • merci pour le passage sur Hellotipi.
    En effet mon objectif permanent est de ne surtout pas “noyer” les utilisateurs “non-poweruser”
    C’est selon moi le seul moyen de réussir à rassembler une famille toute entière autour d’un projet de site de famille.
    20% de mon audience est composée de personnes de plus de 50 ans, je ne pense pas que ce soit le cas de Vox par exemple 😉
    Le 2.0 permet de simplifier énormément de choses (les formulaires et l’interaction en général), profitons en sans pour autant faire “peur” aux utilisateurs les moins aguerris.