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May 12, 2007

Du contenu ou de l'identité, autour de quoi tournent les interactions sociales ?

Posted by amo@emakina.fr

Dans un précédent billet sur Flickr et tout particulièrement sur l’intégration annoncé de la vidéo, je vous ai expliqué que ce service ne se positionnait pas comme une photothèque mais comme un réseau social.
Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, l’essentiel des sites de contenu générés par les utilisateurs (UGC) ne sont pas des médias ou des documenthèques, mais des réseaux sociaux au sens où le bénéfice utilisateur est la socialisation qu’il en retire. Il est vrai qu’en monétisant le contenu, ne serait-ce que par la pub, ces services sèment le doute en plaçant la valeur non pas sur celle de l’échange, mais sur le contenu lui-même, mais ça c’est un autre problème.
À partir du moment où l’enjeu est de partager des contenus pour développer de la notoriété, sa liste d’amis et globalement socialiser, il est logique que Flickr étende la palette des contenus à partager à la vidéo. Une évolution multisupport conforme à celles des réseaux sociaux, mais aussi une question de fonds sur l’identité numérique sous le postulat de ce que met l’utilisateur au centre.


En effet, sur les environnements comme Flickr ou son suiveur français Ipernity, le centre c’est le contenu, comme point de départ aux échanges sociaux.
Le problème évidemment, c’est que comme tous les environnements web 2, il fonctionne en silot. Au même titre que je ne peux pas fédérer les 15 réseaux sociaux avec lesquels je jongle parce que tout un tas de gens que je connais m’ont amené à créer des comptes partout, je risque fort d’avoir un petit malin qui me propose de socialiser sur ses photos et vidéo sur Ipernity alors que je suis bien, moi, avec mes amis sur Flickr.
Bref, c’est logique pour Flickr d’aller vers le multisupport pour m’inviter à tout stocker au même endroit plutôt que de disperser par support, sauf que ça ne résoud pas la question. On est en pleine compétition sur le contenu stocké alors que l’enjeu c’est le social.
De l’autre côté de ce modèle “orienté contenu”, les réseaux sociaux classiques ne gèrent aucun contenu en propre, mais ils se soignent, à l’instar de l’excellent Ziki, autour de l’idée de fédérer les flux de données que l’on a déposé sur les sites orientés contenu pour centrer la socialisation sur l’individu plutôt que sur ses contenus. C’est déjà plus cohérent, mais renvoi à d’autres silots, d’identités ceux-là.
En ce début d’années, on ne peux qu’être frappé par l’accélération au coeur de laquelle se trouve OpenID, dans sa logique d’outiller les individus avec une identité coeur, unique et authentifiée.
De son côté, Charles aiguise mon appétit avec TodekaProject, où il compte s’appuyer sur cette idée et mixer ça avec la fédération des flux et la socialisation autour de considérations d’authentification sécurisées qui me rappellent des discussions autour du P2P en 2004 quand il s’agissait d’e-administration ( mon tout premier billet sur ce blog et une question pas résolue d’ailleurs) . C’est très prometteur en tous les cas.
Alors, un réseau social, est-ce que ce sont des gens, où ce qu’échangent les gens entre eux ? J’ai envie de dire au final qu’il est logique que les chose se soient construites du contenu vers l’identité, un mode de développement d’usage assez logique, mais on voit bien qu’avec la maturité, c’est l’identité qui repasse au centre, avec les contenus autour.
On voit bien le trouble créé par l’extension de la vidéo sur Flickr qui est somme toute quand même aussi une photothèque, avec ce que cela veut dire comme écosystème de notoriété et de business sur ce type de support et j’ai envie de penser que le positionnement social n’est pas aussi affirmé que dans un “vrai” réseau social dont l’identité est le coeur. Accessoirement, IStockPhoto montre déjà qu’il y a un modèle contenu viable.
J’aimerai bien, finalement, gérer mes petites affaires dans des environnements qui ont du sens par rapport au contenu ou au sujet et puis fédérer ce que j’ai envie de partager dans un contexte d’identité numérique autour de laquelle on pourrait se mailler et socialiser. Il y a d’ailleurs assez de choses dans la caisse à outil Web 2 pour transversaliser les interactions et décloisonner un peu les silots.
On ne va pas tarder à voir s’affirmer des méta-moteurs agrégeants les contenus pour monétiser l’utilisation de ceux-ci et il serait malin qu’ils associent l’identité des auteurs pour flécher les dynamiques sociales, accessoirement, c’est aussi un début de réponse à la gestion des droits numériques si on le relie à des enjeux sécurité. Dans l’autre sens, j’ai un peu de mal à voir se fédérer les réseaux-sociaux sur une base identitaire claire, étant entendu qu’OpenID permet de faire le lien, mais pas d’agréger les interactions sociales.
Bref, tout ça pour dire qu’il y a encore du chemin à faire et que le web 2 continue à bouger !

  • Voilà un bon début de débat. Ce que Flickr tente de faire aujourd’hui afin de capter un maximum d’utilisateurs est assez symptomatique de l’univers vertical dans lequel nous vivons.
    Au lieu de rechercher un moyen ou de travailler sur des fonctionnalités qui permettent d’échanger des données (formats universels etc.) ils préfèrent ré-inventer la roue et proposer des services que d’autres rendent déjà très bien…
    Cette logique très mercantile et statisticienne ne me semble pas perenne et d’ailleurs il se pourrait bien que le web vive une nouvelle étape de son développement autour des préoccupations de l’identité numérique et de l’agrégation de ses contenus.
    Mon rêve à moi c’est un interface dans laquelle je dis voilà mes photo sont ici et pour les diffuser sur le web, je choisis Flickr… mais demain si je choisi Ipernity, je n’ai pas besoin de re-déployer toutes mes photos… mais simplement de cocher une case en disant, “je veux qu’elle apparaissent aussi sur Ipernity”. Mes photo sont à un endroit et un seul (imaginez les économies de stockage !) et je choisis les outils dans lesquels je souhaite les afficher. Idem pour le blog etc., j’ai une interface qui me permet de gérer mes contenus de façon général et je peux décider où je souhaite les publier. Tout comme je pourrai avoir mes données personnelles et sensibles dans un endroit où je donnerai des accès précis à l’administration qui en aura besoin… (d’ailleurs où en est MonServicePublic.fr : pas de nouvelles depuis les tests de 2006 ???)
    Alexis tout ceci prouve que l’utilisateur n’est toujours pas au centre malgré tous les beaux discours, aujourd’hui il est toujours obligé de retenir ses 359 mots de passe et login, de multiplier ses contenus pour qu’ils s’affichent sur différents outils, de multiplier ses comptes, de multiplier ses interfaces de gestion de contenus, bref, aujourd’hui encore les outils sont au centre dans le backoffice du web même si en front les choses changent 😉
    J’espère comme toi que les outils comme OpenID sont en train de faire changer les choses, doucement mais sûrement. Comme d’habitude il faudra que des major du web utilisent ce genre de système pour qu’il prenne une certaine réalité dans cet écosystème, faute de quoi les initiatives comme celle de Flickr ont encore de belles vies devant elles…

  • En fait, l’humain cherche toujours la même chose, viscéralement, rentrer en contact avec ses semblables. Pourquoi j’écris ? Pour être lu… Pourquoi je m’expose ? Pour être vu… La dimension sociale est d’abord naturelle mais surtout cruciale, je dirai même vitale… Le Web 1.0 a agit comme un repository d’informations certes utiles et pratiques mais ne répondant pas au besoin essentiel : COMMUNIQUER ! Le Web 2.0 lui ouvre cette perspective nouvelle en passant du contemplatif au contributif. N’importe quel service 2.0 doit donc se poser avant tout cette question : est-ce que je développe du lien social ? Ce lien peut se fabriquer à travers du contenu mais pas seulement, il peut se créer à travers du e-commerce (Zlio, Ebay, PriceMinister…), du dating (Meetic, Match…), des CVs (Moovement…).

  • Cross platform = Windows XP SP2/Vista + Mac OS 10.4+ ?
    Pas sûr que les termes soient justes. 😉