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March 9, 2007

Extension du domaine de la lutte

Posted by amo@emakina.fr

Cela fait quelques jours que Loïc a fermé ses commentaires, suscitant un déplacement des conversations (pas forcément comme il l’entendait, mais bon…), ils sont maintenant réouverts et modérés à priori avec une charte à la clé, un épilogue équivalent à celui de la reprise en main du blog de DSK, livré à lui-même qu’il était, montrant une vérité un peu douloureuse pour quelques mythes de l’interaction libérée et autorégulée.
Ce qui est sûr, c’est que le dépositaire du site est chez-lui, il est maître de ce qui s’y passe, et si un instant Loïc a semblé débordé par les événements, il a visiblement révisé ses classiques. On en revient aux bonnes vieilles bases de la régulation et si je trouvais un peu paresseux de déplacer la conversation vers des espaces tiers, il y avait de l’idée. Après tout, on parle de réseau et tout ce qui se dit et se discute sur un billet ne se passe pas nécessairement dans les commentaires et trackbacks de celui-ci, mais cela se veille via des outils appropriés qui permettent aussi de remonter l’activité du sujet sur son site à soi. Alors certes, c’est un peu freiné par l’hétérogéneité des plateformes et les limites des formats RSS historiques, mais on y vient et le web sémantique amplifier l’outillage. Le train est lancé.


Dire que les blogs sont un sujet banalisé, c’est enfoncer une porte ouverte. Cela dit, l’application corporate n’est pas acquise et ce qui précède participe d’une stabilisation des bonnes pratiques. Surtout, ce qui précède m’a fait penser que les blogs gardent leur capacité à être de bons terreaux et qu’ils portent en eux une caractéristique affirmée, celle d’être des environnements étendus, au sens où ils s’appuient sur des services et autres briques logiciels extérieures. Dernier exemple en date, avec le succès d’AddThis. Le fait est que l’extension s’étend et que les conversations sont donc maintenant au menu pour être traités en externalisé, au moins partiellement pour commencer.
Car s’il est un sujet qui ne fait pas de bruit, c’est bien celui qu’InternetActu a récemment traité sous la notion de granularité du web. C’est un fait, sur les terreaux du web 2, blogs en tête, la question de décentrer certaines fonctions sur des services extérieurs ne se pose plus et si l’on en juge par les sujets chauds de ces derniers jours, elle est même de plus en plus brûlante.
Qu’est ce qui se passe en effet avec l’engouement autour d’OpenID ou encore les annonces de convergences sur des standards. Ce sont là des réponses que l’on attendait face à des limites constatées en fin d’année dernière. Les lignes bougent, elles tendent à faire sauter les freins à l’externalisation online et le fait qu’il y ait des rapports de force ne fait qu’affirmer le sujet.
Je vous passe les lieux communs type Salesforce, suites en ligne et tout ce qui tourne autour du SaaS, mais le fait est que la granularité, c’est aussi le seuil culturel qui se présente aux entreprises, celles pour laquelle je répète suffisamment et depuis fort longtemps sur ce blog que c’est LA nouvelle frontière et que c’est une affaire de vision et de culture. Pour l’instant, on constate les incohérences, ça tâtonne, mais le sujet est sur la table, c’est patent.
La granularité, elle est tellement évidente pour les geeks, les blogueurs et globalement tous ceux qui ont adopté la vague des services 2.0 qu’ils en oublient que ce n’est pas une évidence et qu’elle pose de grosses questions de fonds aux entreprises.
Or, s’il y a quelque chose qui s’affirme en ce début d’année, c’est une convergence autour de la granularité, avec un mouvement de standardisation très actif et une montée en puissance des services en ligne en lieu et place des logiciels et systèmes installés. Tout ça pour conquérir l’entreprise.
Alors certes, le web 2 n’est plus un sujet de débat et se cherche une mise en pratique, mais à côté des moulins à vent, le saut culturel d’adoption du modèle économique et organisationnel impulsé par l’avènement de la Société de l’Information devient un enjeu critique. Le changement est en marche.

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