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February 10, 2007

Quand les modèles économiques se mettent à bouger

Posted by amo@emakina.fr

Il y a un an on était en plein débat autour de la DADVSI, avec au coeur l’adaptation d’un secteur (la culture) à la Société de l’Information, bousculé qu’il était par les usages numériques. On sait ce qu’il en est advenu : on n’innove pas, on endigue et on sort le bâton.
J’ai dis un jour que ce débat était symbolique d’une entrée en confrontation de la Société de l’Information et de “l’ordre établi”. Le secteur culturel est en effet en première ligne des changement induits par le développement des usages numériques, le scénario qu’il suit, les autres vont l’avoir en ligne de mire à plus ou moins longue échéance, on pense notamment à celui de l’information et des médias. Un an plus tard donc, la victoire à la Pyrrhus se confirme. Ce qui se passe, c’est que dans une économie de marché, c’est bien le consommateur qui dicte sa loi, surtout quand il a le choix des modalités de consommation.


Il y a un an, on parlait de DRM et de licences globale. Aujourd’hui les DRM ont du plomb dans l’aile et si de licence globale on ne parle plus, la taxation des FAI a fait son chemin.
Ce débat est dépassé. Comme le souligne Philippe Astor en mettant en perspective les récentes idées de financement collectif du Ministre et le modèle de Sellaband, le sujet c’est aujourd’hui celui de l’innovation dans les modèles économique. En élargissant le point de vue autour du rapport entre l’artiste et son public, il y a de la place pour de nouveaux modes de financement, de production, de distribution, comme quoi, il n’y a pas que le P2P dans la vie et que la création trouve avec un peu d’intelligence et de sens entrepreneurial des voies nouvelles qui nous sorte des manichéismes dans lesquels nous étions tombés.
On lira donc aussi ce que fait Magnatune, un de ces labels qui laisse les consommateurs décider du prix. Certains penserons aussi à Jamendo et dans le registre du mécénat par les fans à ArtistShare . À Romans, lors d’une excellente table ronde sur les modèles économiques de la musique qui montrait que là était bien le sujet pertinent, on avait aussi parlé des modèle où le prix dépend des avis des utilisateurs, du merchandising, des licences (dont parle aussi Magnatune), bref de diversité de revenus. La fenêtre est ouverte et l’air frais afflue, le changement est en marche, on y croît.
Il est alors amusant de tomber là-dessus, quand l’Etat posait la question, il y a déjà 5 ans, sur de nouveaux modèles de musiques en ligne. En fin de compte, ça n’a pas bougé, ni du côté Etat ni du côté des majors. C’est d’abord l’industrie informatique qui a occupé le vide, Apple en tête. Apple, qui bouge à nouveau et qui impulse le mouvement. Un mouvement déjà bien lancé par des labels et des artistes, par exemple Mano Solo. Un chemin que Prince avait tracé il y a bien longtemps. Quelque part entre artistes, labels et le public, à avoir regardé passer les trains depuis trop longtemps, les majors se retrouvent bien isolées. La DADVSI n’a rien endigué et n’a donné que l’illusion du statut-quo alors que le changement était devenu vital. Il faut bouger tant qu’il est temps, sur le réseau, les choses vont très vite. Une leçon à méditer.

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