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October 23, 2006

Les services web 2.0 sont-ils vraiment 2.0 ?

Posted by amo@emakina.fr

À chaque fois ou presque qu’un service estampillé 2.0 réussi quelque chose et s’impose dans son domaine, il est assez croustillant de voir apparaître une discussion remettre en cause la nature 2.0 de son concept. Après les plateformes de blogs et Skyblog en particulier ici, MySpace, voici YouTube. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ?


En premier lieu que la notion de “web 2.0” est tout sauf stable et c’est tant mieux.
En second lieu qu’elle est tendue vers l’innovation et le progrès et que les succès sont autant de moments pour se réjouir que ça marche et aller de l’avant. Alors, de quelle avancée parle t’on ? Et bien toujours un peu de la même, celle qui constate qu’on entre plus facilement dans ces services qu’on en sort.
J’avais déjà abordé ce sujet en début d’année. Mais pour moi l’avènement de services véritablement ouverts, où l’internaute est véritablement maître de ses données, notamment de les exporter facilement, constitue la marque de la prochaine génération des outils. Mais, à l’instar d’autres, Joi Ito considère que cette qualité devrait déjà être celle des services prétendument 2.0. Au sens idéal c’est effectivement le cas, mais le fait est que la génération à succès des services actuels ne la partage quasiment pas. On y charge ses infos, on peut les exploiter via d’autres services quand à les exporter, on peut chercher longtemps la fonction. Alimenter oui, décharger non.
L’étiquette “web 2.0” est aussi un instrument marketing qui a tout son intérêt et, au point où nous en sommes, elle désigne de manière assez stable la nouvelle génération de services en ligne qui arrive à maturité et qui fonctionne. Quand on parle de succès, il s’agit d’ailleurs moins de questions de gros sous, que de succès d’usage, typiquement quand on voit YouTube mobiliser 16 millions d’usagers en 16 mois.
Maintenant, oui, cette génération de service ne répond pas pleinement à certaines exigences formulées dans le concept “web 2.0”. Mais je ne crois pas que l’on parle de la même chose et peut-être faudra-t’il innover pour s’y retrouver. Cela passera d’abord par la confrontation des modèles, donc l’apparition de fonctions export que l’on n’observe pas beaucoup à ce jour. À ce moment là, les internautes voteront avec leurs pieds et on verra bien.

  • je lis votre blog de temps en temps et j’apprécie vos réflexions.
    Nous avons nous-mêmes complètement porté sur le web notre entreprise. Du moins la totalité de ses fonctions vente et recrutement s’accomplit aujourd’hui via des e-business process, grâce à la disponibilité de flux vidéo, d’instruments de chiffrage commercial…
    Beaucoup nous ont dit que nous étions fous, que c’était impossible en consulting. Erreur grave puisque ces principes nous aurons fait vendre 20 000j de conseil en 2006 et que nous avons recruté 35 personnes.
    Pour concevoir ses services, nous sommes plutôt partis des enseignements du Cluetrain Manifesto (www.cluetrain.com) que de la glossolalie estampillée 2.0 qui tient plus de la conversation de cocktail que d’une approche réellement innovatrice, basée sur la compilation des concepts, l’accumulation et l’analyse des résultats.
    Je ne suis jamais vraiment rentré dans les sujet, mais c’est vrai que ces débats sur le 2.0 me semblent manquer vraiment de sérieux, en termes de définition fonctionnelle et des usages. Je suis à 100% d’accord avec ce que vous disiez sur l’export. C’est un excellent exemple.
    Pourquoi donner une appellation quand on est pas capable d’abord de donner une définition ?
    Ok, ne fermons pas le 2.0 à la disponibilité de certaines fonctions sur un service web.
    Mais d’un autre côté, j’ai un peu l’impression que le 2.0 manque de référence et que les débats qu’il suscite manque de la rigueur qui en ferait un vrai terrain d’innovation.
    Quand pensez-vous ? Il est possible que tout simplement je n’ai pas localisé les sources de la connaissance.
    Au plaisir de vous lire encore.

  • D’abord merci du compliment et ravi de vous compter parmi nos lecteurs.
    J’en connais un à qui cela fera plaisir de voir le Cluetrain manifesto produire ses effets, il vaut mieux parler au bon dieu qu’à ses saints qui sont nombreux à revisiter le message par les temps qui courent.
    Puisqu’on en est à faire appel aux fondamentaux, s’il y a une définition du web qui existe, c’est celle de celui qui a lancé avec succès la notion de web 2.0, à savoir Tim O’Reilly : http://www.oreillynet.com/pub/a/oreilly/tim/news/2005/09/30/what-is-web-20.html
    Je constate surtout que vous avez parfaitement intégré le changement que sous-entend le web 2.0 dans l’approche marketing et stratégique du web, il est donc normal que le buzz assez dense sur le sujet vous parraisse de peu d’intérêt. Vous avez passé le cap, ils sont nombreux à n’avoir pas compris qu’il ne s’agissait plus d’être sur le web, mais d’en faire partie. Nous sommes en période d’évangélisation et ceux qui n’en ont plus besoin peuvent s’en plaindre.
    Le problème avec le “web 2.0”, c’est que c’est un mot-valise sur lequel tout le monde a un avis. Comme un certain nombre d’autres (communauté, coopération), il mériterait d’être granularisé en des termes désignant des notions de sens différentes histoire de ne pas mélanger les choux-fleurs et les oranges.
    Pour ce qui nous concerne, nous allons prendre l’initiative pour tacher d’éclairer un peut tout ça et je vous donne rendez-vous à partir du 6 novembre prochain : http://www.groupereflect.net/blog/archives/2006/10/destination_web.html