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October 1, 2006

YouTube, mauvais présage pour les services 2.0 ?

Posted by amo@emakina.fr

Depuis quelques mois que le vaste écosystème de services 2.0 grand public est bien installé, le sujet qui monte est celui de savoir si tout cela est bien solide. YouTube cristallise actuellement ce débat, pour des raisons que j’ai détaillé il y a deux semaines. Depuis, les choses se gâtent, avec un paquet d’avis autorisés qui enfoncent un peu plus le clou du doute, tel celui-ci, relevé par Fred Cavazza. Quand la confiance est minée, c’est toute la maison qui risque de s’écrouler, en espérant que l’affaiblissement du terrain n’entraîne pas une partie du quartier. YouTube où l’annonce de l’éclatement de la bulle 2.0, certains franchissent le pas.


Comme je le disais donc il y a deux semaines, cette affaire m’apparaît surtout comme un remake de ce qui s’était passé avec le P2P et Napster. Bref, à jouer avec la propriété intellectuelle, on se brûle. Une histoire éculée qu’au pays de la DADVSI, DaillyMotion et les autres ont certainement du anticiper, enfin je l’espère pour eux.
Cette affaire relève donc plus de l’erreur de stratégie et de mon point de vue, il ne met pas nécessairement en doute le coeur du problème des services 2.0, celui de savoir si le marché de la publicité assurera leur fortune, tout au moins leur pérennité. Car à mon grand regret, la publicité est en effet bien le modèle central sur lequel l’essentiels des services 2.0 fondent leur avenir.
Alors il y en a qui observent avec attention l’évolution de ce marché. Le pari des services 2.0, c’est d’une part la croissance des prix, d’autre part un transfert massif des investissements vers le net, au détriment de la presse et surtout de la télévision.
Car le mouvement est là, il est inéluctable, la question est de savoir s’il évolue suffisamment vite, la question à un million de dollar en fait. Vu les prix et les volumes actuels du marché, tout cela a suscité un certain pessimisme, un temps tempéré par des 900M$ versés par Google pour l’exclusivité de la régie pub sur MySpace.
Le fait est que YouTube est dans la merde et que ça risque effectivement de se finir mal. Mais pendant ce temps, il est tout aussi réel qu’il ne se passe pas un jour sans que les médias traditionnels se fendent d’une annonce de clone. La semaine dernière, j’entendais le patron de NRJ nous annoncer son MySpace à lui. Un suivisme qui est sans doute plus celui de Rupert Murdoch que de Steve Chen et Chad Hurley.

  • Attention de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain même si la tentation est grande… ce serait faire le jeu de quelques uns bien installés dans leurs certitudes 1.0 et les poches déjà pleines. A qui profite cette situation ?
    Oui YouTube a un problème et a commis une erreur stratégique mais ses millions d’utilisateurs n’en ont que faire de cette situation. Le roi est mort, vive le roi ! Comme pour Napster, les avocats ont peut-être eu sa peau mais les gens n’ont pas cessé pour autant de télécharger de la musique illégalement ? Finalement Napster a eu le mérite de remettre en cause le modèle des maisons de disques et l’ensemble de son industrie, YouTube suit le même chemin face à un géant encore plus grand : la télévision et les médias en général !
    On peut aisément faire la peau d’une société, ce n’est qu’une question d’argent mais il est impossible d’anéantir la volonté des masses comme il est impossible de traîner devant les tribunaux tous les gens qui téléchargent de la musique illégalement… Toutes les lois anciennes ou nouvelles n’y pourront rien.
    Le Web 2.0 c’est la volonté des internautes de se réappproprier le Web, c’est ce qu’ils font en ce moment sur YouTube, DaylyMotion, MySpace, Wikipedia… qui les en empêchera ?

  • D’ailleurs le web 2.0 est un formidable laboratoire d’usages… grosso modo, tu lances un service… et quelques mois plus tard, des millions d’internautes s’en servent… Le hic, tu n’avais pas du tout pensé que cela prendrait cette ampleur… alors évidemment rachat pas rachat, peut importe, aujourd’hui celui qui rachète aura dans son joli paquet un beau carton de procès en devenir !
    Pour ceux qui parlent déjà d’éclatement de la bulle j’irai jusqu’à penser qu’ils font de l’image… Annoncer aujourrd’hui l’éclatement de la bulle 2.0, quel scoop !!! Il faut arrêter, ce cas de YouTube ressemble plus à une aventure 2.0 victime de son propre succès… c’est tout et il y en aura d’autres !
    Ensuite, nous sommes d’accord pour dire qu’aujourdhui ce sont les internautes qui font le web 2.0 et non l’inverse, alors si youTube disparaît, les internautes le remplaceront par autre chose… c’est tout.
    Le vide créé l’initiative, l’innovation et permet d’avancer, c’est ainsi… c’est un écosystème, un système Darwinien alors… naître, vivre et mourrir sont des choses normales…

  • Certains ont un intérêt vital à soutenir l’évaluation théorique d’un Youtube. Vital car cela permet de soutenir la valorisation de l’ensemble du secteur… Tout ça a un parfum de déjà vu..
    Par ailleurs Youtube devrait confirmer très bientôt, d’apres mes infos, être “bénéficiaire” en 2006. En réalité il s’agit du produit de grosses opés de sponsoring et non une rentabilité “organique”. Autrement dit “un coup”… A suivre de très près

  • DailyMotion vient d’annoncer une levée de 7 Millions d’euros.

  • Dailymotion qui a confirmé très recemment qu’il n’était pas question de vendre de la pub sur toutes les videos (pour des raisons légales et d’affinité bien sûr) mais sur quelques une sur la base d’une rlation contractuelle avec leurs producteurs.
    Les projections à la Techcrunch d’un CPM sur l’ensemble des “hits” mesurés sur les videos sont donc à mettre à la poubelle.
    Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’avenir là dedans mais simplement que le CA de long terme reste une inconnue …

  • Le Monde consacre un billet à cette levée de fonds et livre une analyse que je trouve assez pragmatique sur la situation actuelle : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-819025,0.html

  • D’un autre côté s’il y avait eu une bulle 2.0 il y aurait eu des investisseurs sur Zlio 🙂

  • Quand je vois les usages de ma fille, ultra d’accord avec le premier message de Carlos.
    Elle vit le Net entre forums et messengers, elle utilise des tas de sites de stockage (images, vidéos…) et quand y’en a un qui foire, elle passe à un autre.
    La fidélisation du client, l’idée du site incontournable, a grave du plomb dans l’aile…
    Même ses sites perso sont largués parce que trop statiques.
    Nos mômes vont vers ce qui marche dans l’instant, avec une notion de l’immédiateté du besoin étonnante.
    Si ça marche plus demain, ils s’en tapent, ils seront déjà passé à autre chose et auront, de toute façon, vu l’image, la vidéo… qu’il fallait voir à l’instant T.
    Et puis s’il faut revenir sur une image, une vidéo ou autre chose, ils ont les outils pour les retrouver meme si elles ont changé de place…
    Du coup, Youtube ou autre chose, même pas sûr qu’ils s’en rendent vraiment compte parce que le net me parait vécu comme une vaste et UNIQUE ressource (genre “l’Homo Gestalt”, cet homme collectif, un et multiple, immortel et aux possibilités infinies, de Théodore Sturgeon pour ceux qui ont des references S.F.) alors que notre propre vision des écosystémes le morcelle encore en sociétés viables ou pas.

  • Quand on lit ce que tu viens d’écrire Jean-Noël on comprend mieux la stratégie des éditeurs de services 2.0 qui consiste à créer des formats propriétaires et à freiner l’interopérabilité… Quand tu as plus de 100 contacts dans LinkedIn est qu’il est impossible de les rapatrier sur une autre plate-forme, tu deviens vite fidèle…