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May 10, 2006

DADVSI : l'industrie informatique compte moins que l'industrie du disque

Posted by amo@emakina.fr

Ça se passe en ce moment et c’est ce qu’il faut durement constater par rapport au fameux “amendement Vivendi” et aux articles 12 et 14 qui en découlent, celui qui veut durement condamner les éditeurs de logiciels “manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d’oeuvres ou d’objets protégés” .

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Comme chacun le sait, tous les outils d’échanges, y compris un simple mail peuvent permettre d’échanger des oeuvres qui ne le devraient pas. Une photocopieuse peut aussi servir à priver les auteurs de leurs droits, mais personne n’est allé légiférer à ce propos. On croît rêver.
Avec tout ça, nos chers parlementaires ont reconnus que cette disposition était suffisamment précise pour qu’il en revienne au juge de trancher. On ne sait donc pas ce qu’il en sera et on leur souhaite bon courage quand au même moment Warner Bros annonce qu’il utilisera BitTorrent pour distribuer ses films.
Voilà donc une belle incertitude juridique qui plane au-dessus du petit monde des éditeurs de logiciels, mais aussi de leurs clients, dont certains commencent à craindre d’avoir installé dans leur parc des outils potentiellement condamnables. Les projecteurs sont en effet braqués sur les logiciels P2P, mais plus personne ne parle, par exemple, des audioblogs et autres podcasts.
Malgré une montée au créneau impressionnante, du logiciel libre aux grands de l’industrie informatique française en passant par la recherche ou les associations d’utilisateurs et même les collectivités locales, rien n’y fait.
Il faut donc constater que nos parlementaires préfèrent risquer de déstabiliser le secteur informatique pour céder aux lobbys de l’industrie culturelle.
Le pire, c’est que les pirates s’en passeront et que, comme d’habitude, ce type de loi n’inquiétera que les honnêtes gens. Après, on nous parlera d’industrie de la connaissance et surtout d’innovation. Avec ce qui se dessine, elle va en prendre un coup. Quand on pense que la précédente grande loi dans le domaine de la Société de l’Information parlait de CONFIANCE (dans l’économie numérique), on se demande où celle-ci est passée ?

  • Ce type de loi n’inquiétera personne… parce qu’elle est tellement à contre-courant qu’elle ne renforce même pas l’exception culturelle à la française, elle vient bugger tout un système économique et toute une société.
    Comme bon nombre d’autres lois, elle ne sera jamais mise en application ou peut-être une ou deux fois à titre d’exemplarité (avis aux heureux veinards qui veulent devenir célèbres… des martyrs de la société de l’information ?)… puis le ridicule de ces situations fera qu’elle s’écroulera sur elle-même…
    Alexis, tu sa is bien que la “CONFIANCE” était senser favoriser le marché en sécurisant la vision des TIC qu’ont les ménages…. Et la DADVSI est aujourd’hui sensé protéger les lobbys d’un risque de ré-équilibrage du marché et d’une concurrence portant plus logique…

  • David

    Oui, cette vaste pantalonnade ne fait pas avancer le “Schmilblick” (ai-je encore le droit d’utiliser ce terme ? 😉 ). Effectivement, les véritables” pirates, ceux qui font réellement mal à l’industrie (pas l’internaute lambda qui partage ses mp3, le pirate qui grave et revend) doivent bien rigoler. Le lobbying et le libéralisme morbide ont payé ! Cela ne fera que retarder la chute inéluctable de ce système économique désuet à l’ère numérique. Car il ne faut pas se tromper, le piratage existera toujours mais les CDs risquent de moins perdurer. Le flicage et la punition systématique ne font qu’empirer les choses et pousser les utilisateurs à un intégrisme numérique qu’ils ne se s’imaginaient pas. Bref, je m’emballe (mais ceux qui me connaissent ont l’habitude), toujours est-il que le coût prohibitif d’un produit numérique et les œillères des grandes sociétés dépositaires de notre « culture » m’ont fait découvrir des circuits alternatifs où les perles ne sont pas rares. Un exemple est Jamendo, http://www.jamendo.com/, qui propose un modèle plus qu’intéressant. La musique y est taguée, téléchargeable (en P2P… oupss !), libre (sous licence de diffusion Creative Commons) et si l’artiste nous plait, on peut directement le rétribuer pour son œuvre. Ça ne souffre pas de tergiversation : le retour est direct. Dans le même style, on pourra également cliquer sur http://musique-libre.org, http://www.jamlabel.com ou http://www.purevolume.com. Je ne dis pas que ce système est le meilleur, mais il a le mérite d’exister et de tenir bon (regarder les statistiques de Jamendo) et de proposer une véritable option au système archaïque que nous connaissons. Star Ac’ ou musique libre, mon choix est fait !

  • La loi a été voté hier soir et le constat se confirme et même s’affirme ( voir http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9601 ). L’industrie informatique est donc plus que jamais devant l’incertitude juridique.
    Et bien non Jean-Luc, cette loi va faire du dégât et jetter le doute sur les investissements logiciels.
    Car si les internautes peuvent faire autrement, les éditeurs de logiciels, eux, ne peuvent pas négliger le risque de se voir collé devant un juge pour qu’il statut sur le caractère “manifestement destiné à” de leur outil d’échange ou de partage via lequel des fichiers illicites ont circulé.
    Enfin tout n’est pas perdu pour tout le monde, puisqu’Apple a fait plier nos parlementaires ( http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39347759,00.htm ). 40% du marché français, ça compte ( http://www.journaldunet.com/breve/le-net/2565/itunes-detient-40-du-marche-de-la-musique-en-ligne.shtml ), plus encore quand on voit Sony faire alégeance (celle-là, elle est ÉNORME : http://www.atelier.fr/services/lettrereroot.php?artid=32202&catid=30&date=2006-05-11 )

  • Eh bien non Alexis elle ne fera pas de dégâts, et tu en donnes l’explication à la fin de ton billet… chaque grand éditeur va avoir ses passe-droits, son petit arbitrage. De ce fait, chaque cas sera traité comme un cas particulier et cette loi ne servira plus à rien si ce n’est à faire croire à certains qu’ils sont protégés, et à d’autres qu’ils sont surveillés.
    Si encore cette loi s’appliquait à l’échelle mondiale, elle pourrait avoir une influence. Mais revenons sur terre bon sang ! Que représente la France à l’échelle du monde aujourd’hui ? Presque rien, et internet lui concerne des centaines de millions de gens à travers le monde, ce n’est pas notre petit pays qui fera plier les usages d’un outil universel ! J’en prend le pari, rendez-vous dans un an ou deux sur la question (à marquer dans nos agenda).

  • Désolé, mais je ne partage pas ton optimisme, pour l’industrie française du logiciel et ses communautés open-source en particulier, mais aussi pour le développement des usages sur certains réseau, je pense notamment aux universités. Cela donne du grain à moudre aux obsédés de la sécurité de tout poil.