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March 1, 2006

Enfin un exemple de pleine intégration de la Société de l'Information dans l'enseignement

Posted by amo@emakina.fr

S’il est un thème qui monte de plus en plus à l’heure de l’internet massifié et des usages dits 2.0, c’est la, nécessité d’une écologie du réseau et plus largement l’interpellation faite à la sphère éducative sur le rôle qu’elle a a jouer à ce niveau.
Elle a déjà beaucoup de mal à prendre en compte l’exigence d’un rôle éducatif concernant la consommation médiatique, sa propre intégration des TIC n’est pas sans douleurs, et à l’heure où 3 millions de collégiens et lycéens se sont doté d’un skyblog, entre-autres usages numériques, il y a de quoi s’interroger sur le fossé numérique qui s’y dessine.
C’est d’autant plus interpellant quand on découvre le rôle qu’a joué l’Université, notamment aux USA, dans le développement des usages grands-publics du réseau et quand certains montre par l’exemple ce qu’il est possible de faire en allant au fond des choses…


Il y a maintenant deux ans, Christophe et moi-même avions suivi avec intérêt une présentation d’un enseignant de l’Université d’Aix-Marseille qui utilisait des indicateurs d’usages des forums de ses communautés virtuelles pour dégager des notes traduisant la participation et surtout l’expertise acquise. Tout cela semblait bien compliqué, mais l’étude de cas ne manquait pas de sens. Cette expérience n’a malheureusement pas fait souche et j’avoue être resté sur ma faim en terme d’innovation pédagogique exploitant les dynamiques de coopération.
Il faut dire que ce type d’approche partait du principe de la communauté fermée, ce qui n’est pas sans susciter interrogation face à l’internet d’aujourd’hui, particulièrement ouvert, à la fois lieu de ressources en tous genres que les aprenants ne manque pas d’exploiter, mais aussi et surtout lieu d’expression et d’échanges de masse. Après-tout, les jeunes d’aujourd’hui en sont déjà usagers et le seront encore plus demain et j’espère que personne ne nie qu’Internet est bien un élément central de l’environnement personnel mais aussi et plus encore peut-être de l’environnement de travail.
Il apparaîtrait donc logique de mixer à la fois l’intérêt des outils coopératifs au service des objectifs pédagogiques, tout en plaçant les aprenants dans le contexte dans lequel ils sont et seront, à savoir le réseau ouvert et pas simplement la communauté virtuelle. Voilà évidemment l’occasion de transmettre des valeurs et des conseils de savoir-vivre en réseau.
Quel plaisir donc, à la lecture de la seconde partie de l’article de Jean-Paul Pinte, enseignant-chercheur à Lille.
Seconde partie seulement car la première partie me semble traduire les risques d’une lecture sans nuance du dernier opus de Joël de Rosnay. Elle ne fait pas l’unanimité et j’ai eu l’occasion de manifester mon inquiétude à ce propos, mais parenthèse étant faite, venons-en à l’essentiel.
Dans la seconde partie intitulée “Veille et intelligence pédagogique en éducation”, l’auteur nous propose une ambition que je partage pleinement pour l’Université, celle de faire [vraiment] partie de la Société de l’Information.
À l’appui de cela, il détaille une expérience passionnante sur l’utilisation des blogs dans le travail de ses étudiants, dans le cadre d’une pratique ouverte sur le réseau et qui plus est avec une logique pédagogique et une évaluation orientée sur l’acquisition de bonnes pratiques de veille et d’intelligence compétitive. Bon le site n’est pas au top, mais la proposition pédagogique est magnifique ! Voilà effectivement de quoi donner aux étudiants un bagage des plus pertinent à l’heure du web 2.0 et de donner un sens aux plateformes de bloging que quelques uns ont mis en place ici où là. Je suis également certain que cela donnera des idées pas loin d’ici et j’en serai ravi.
Ce qui me frappe dans cette étude de cas, c’est le caractère totalement ouvert sur le réseau de l’approche. L’auteur se signale comme expert des ENT, or ces systèmes d’informations ont une philosophie actuelle me semble-t’il plutôt fermée, non pas spécialement par nature, plutôt par l’approche très sécuritaire qui se pratique sur les réseaux. Pensons ainsi à renater qui a quand même indiqué vouloir éradiquer Skype des usages de son infrastructure ! Je pronostique donc que l’initiative s’est positionnée en expérimentation, auquel cas, elle renvoie un exemple bienvenue sur les ENT, leur articulation avec le reste du monde et les usages qu’on y pratique et je lui souhaite d’essaimer, c’est à mon avis un exemple à suivre.

  • Les étudiants lycéens et collégiens sont des usagers quotidien du web. Alors comme d’habitude, le mammouth veut n’en faire qu’à sa tête et veut tout réinventer, forcer les étudiants à utiliser tel ou tel type de techno, sécurisé un maximum ses outils se sorte que plus personne ne peut communiquer avec l’extérieur… etc. Résultat, aujourd’hui la majorité des initiatives scolaires et universitaires sont des échecs : pourquoi ? Parce que comme tout bon universitaire (aïe non, pas taper…), les personnes qui s’en chargent s’imaginent avoir la science infuse et ne tiennent pas compte de l’existant… dommage… surtout quand on pense qu’internet a été inventé dans une université… oui, mais pas en France… et tout le monde n’a pas la même vision des choses…
    N’oublions pas qu’internet est un système Darwinien et que de ce fait, il exclura de lui même toute les tentatives d’autarcie en les isolant des autres systèmes ouverts… et l’on sait qu’un système isolé sur le Net est voué à l’échec…tout comme les “forks” dans le domaine du libre quand ils ne respectent pas la philisophie du libre… (mais c’est un autre débat…
    D’ailleurs cela m’amène à rebondir sur le débat de la recherche en France, à travers cet exemple d’internet… et pose la question suivante, si les chercheurs étaient plus accessibles et un peu moins imbu de leur personne et qu’ils daignaient s’attarder un peu sur les réalités de notre société peut-être que tout irait bien mieux pour eux… sic…

  • Bonjour,
    merci pour ce billet et cette critique constructive.
    Je tenais simplement à signaler que si le site, s’il n’est pas au top (COMMUNAUTICE) c’est bien parce je suis à sa troisième année d’expérimentation et que toutes les activités de veille et d’intelligence pédagogique testées en salle de veille (accès privé) y seront intégrées dés la rentrée 2006. (Version 4)
    Ce que vous voyez donc est une maquette !
    Je me suis en effet adapté au contexte universitaire qui, durant toutes ces années a été très peu sensible à ces aspects de veille documentaire.
    Aujourd’hui le terrain semble un peu plus mature pour ce genre de travail.
    De toute façon l’université n’ayant plus le choix … je préfère avancer dés maintenant.
    Nos étudiants ne le méritent-ils pas ?
    Cordialement.
    JP PINTE

  • Merci de ces précisions, c’était un des but de ce billet.
    Je suis bien d’accord avec vous sur le fait que l’Université n’a plus le choix, mais je ne suis pas certain qu’elle aie fait ce constat et orienté les choses en conséquence.
    Il est par contre certain qu’elle le doit à ses étudiants, d’autant qu’après-tout, ceux-ci ont le choix de leurs études supérieures et finiront bien par tenir compte de ce facteur dans leur décision…

  • Votre tribune m’intéresse,d’autant plus que je suis professeur-formateur en fle et auteur d’un blog où je traite des thématiques interculturelles.
    Je suis également intéressé par les ntice,donc en train de chercher comment m’intégrer dans ce domaine qui envahit l’éducation et la formation.
    http://gracef.mosaiquedumonde.net