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February 8, 2006

Et si on suivait la progression de l'appropriation des TIC sur la durée ?

Posted by amo@emakina.fr

Et bien c’est ce qu’a fait la Région Aquitaine et elle nous livre du coup des indicateurs très intéressant sur les cinq années écoulées.
Pour moi qui vient de faire un travail d’évaluation dans le Puy de Dôme, cela donne des clés de comparaison et donne du corps au discours que l’on peut tenir quand à différentes clés de progression. Car s’il est un facteur négligé dans la problématique numérique des territoires, c’est bien de se donner les moyens de regarder les choses en tendances. Combien d’études sans lendemains, qui ne nourrissent que des constats vite dépassés, alors que c’est d’observation sur la durée dont on a besoin vu la vitesse à laquelle le changement se produit.


Ce qui est notamment intéressant, c’est de confirmer l’apparition de nouveaux types de fractures numériques, à savoir non plus seulement sur le “en avoir ou pas” (du “haut-débit – comprendre “de l’ADSL”), mais avoir accès à quoi ? On redécouvre ainsi des écarts tarifaire d’accès à certains types de services, distorsions qui s’aggravent après avoir été un temps aplanis. Je ne parle même pas du dégroupage et de l’accès au triple-play. Il y a du pain sur la planche si l’on ne veut pas parler au passé de notion d’égalité d’accès au réseau dans notre beau pays. L’étude a le mérite d’enfoncer une nouvelle fois le clou, les territoires doivent se prendre en main.
On constate aussi une grosse fracture sur les services, à savoir notamment l’e-administration de proximité, mais surtout, thème qui m’est cher depuis l’étude sur Felletin, celui de l’accès à un environnement de services et d’appui.
En zone rurale, les prestataires locaux sont rares pour délivrer le conseil et l’assistance de base qu’attendent notamment les PME. De même, que sont devenus les EPN (Espaces Publics Numériques) capables de répondre à ces 50% de ménages et ces 30% de PME qui déclarent souffrir de conseil ou même seulement d’information. D’expérience, essayez d’aller voir votre mairie histoire de savoir si elle est capable de vous informer sur ses services numériques ou simplement si vous avez accès aux offres dégroupées (souvenez-vous de ceci). On voit bien combien la fracture numérique s’aggrave entre grandes villes et milieu rural dans la relation avec le citoyen. Vous en aurez d’ailleurs confirmation bientôt au vu d’une étude exclusive que nous allons bientôt vous faire partager. Est-il rassurant de lire qu’au terme de dix années d’internet de masse, il est enfin dressé constat que l’importance du sujet ne fait plus de doute à personne !
Enfin, autre confirmation, celle de voir les secteurs d’activités avancer en décalage les uns par rapport aux autres. Sans surprise, le tourisme pointe comme le secteur moteur. C’est vrai qu’en Aquitaine il est important. On l’espère pour lui, étant entendu la réalité de l’e-tourisme ou plus simplement le fait que la modalité majoritaire de consommation en ce domaine est depuis un an la vente à distance. À votre avis, pourquoi le syndicat des agences de voyages a-t’il récemment lancé une grande campagne de communication ?
Depuis ces années que je n’arrête de répéter la nécessite d’observatoires des TIC dans les territoires, mais qu’est-ce qu’on attend chez nous pour avoir ce type d’instrument ?!?

  • Salut,
    Je viens étayer par un exemple en terme de fracture de services…. une personne sur Paris avec un abonnement free à 29,99€ a accès à du 20MB/s, le téléphone et la TV + d’autre services que je n’ai plus en mémoire là de suite… moi, pour le même prix à Tulle, j’ai droit à du 2MB/s et encore parce que je ne suis pas loin du répartiteur et si je voulais je pourrai avoir le téléphone mais… je n’ose pas des problèmes de qualité semblent persister et les tarifs augmentent chez free… mais je n’ai pas accès à la tv.
    Pour ce qui est de l’observatoire, “quand tu vois que personne ne fait ce que tu crois qu’il faut faire… fais-le” de confucius ou “Just do it !” de Nike 😉
    Blague à part, c’est un sujet que nous avions évoqué il y a déjà quelques années… aujourd’hui cela va devenir primordial en terme d’usage natemment… Il y a trois ou quatre ans c’était à mon avis une nécessité dans les territoires comme le Limousin, notamment pour les collectivités pour savoir sur quel levier poussé pour faire avancer les choses dans le bon sens. Je dirai qu’avec l’internet 2 (non pas taper !!!) les choses ont évoluées. D’une phase de soutien et de développement de la part des collectivités, les TIC entrent dans un phase de maturation. De ce fait, et en admettant que côté infras tout est ou sera réglé dans quelques temps, il reste à observer et jouer des coude entre services et usages. Dès lors ce n’est plus vraiment du ressort des collectivités en tout cas pas comme on le voyait avant… c’est aujourd’hui clairement une démarche de développement économique, de contrôle du marché, de soutien à la filière etc.
    Il me semble en tout cas pour résumé que aujourd’hui l’observatoire aurait plus une vocation à rejoindre des problématiques économiques globales qu’à être une entité réservée au TIC… enfin ce n’est qu’une réflexion en live…

  • Les TIC ne sont plus quelque chose à part et depuis longtemps. La problématique d’observatoire est donc nécessairement élargie ou englobée dans des aspects plus large. Innovation d’un côté (PME, administration, etc.) et consommation de services, notamment dématérialisés de l’autre (inclu la télévision, la VPC, etc.).